Comment transformer l’épreuve en bénédiction

par | 24 Mar 2025 | Combat

Temps de lecture : 7 minutes

Nous traversons tous des périodes difficiles. Qu’il s’agisse d’une maladie, d’un revers professionnel, de tensions relationnelles ou de défis spirituels, l’épreuve fait partie intégrante de notre parcours. Mais et si ces moments d’adversité pouvaient devenir des sources de bénédiction? C’est la question que je souhaite explorer avec vous aujourd’hui.

La puissance de l’unité face à l’épreuve

Dans un monde où l’individualisme est roi, nous avons plus que jamais besoin de nous tenir ensemble. La Bible regorge d’exemples qui démontrent la force de l’unité face aux défis. Pensez aux disciples après le départ de Jésus. Il leur dit : « Allez à Jérusalem, tenez-vous là et attendez que la promesse s’accomplisse. »

C’est parce que les disciples sont restés ensemble – pas seulement physiquement dans la chambre haute, mais unis dans la foi, la prière et l’obéissance – qu’ils ont reçu le Saint-Esprit. Si chacun était retourné de son côté, découragé et incrédule, ils auraient manqué l’une des plus grandes bénédictions que Dieu ait offertes à l’humanité : Son Esprit.

Souvenez-vous aussi de Moïse, Aaron, Hur et Josué face aux Amalécites. Ils ne combattaient pas tous de la même manière, mais ils étaient solidaires dans un même but. Ensemble, avec l’armée d’Israël, ils ont remporté la victoire parce qu’ils étaient attentifs aux besoins les uns des autres, unis dans la foi, confiants que Dieu utiliserait chacun d’eux selon sa fonction.

La conquête de Jéricho illustre également cette vérité. Le peuple s’est uni comme un seul homme autour de Josué, s’accrochant à la promesse divine. Tourner en silence autour d’une ville pendant sept jours n’avait aucun sens logique. Pourtant, ils sont restés soudés, sans murmurer contre leur chef ni remettre en question sa stratégie. Ils ont fait corps, refusant la division, combattant pour la même cause: bâtir le Royaume de Dieu ensemble.

« Oh! Qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble! C’est là que l’Éternel envoie la bénédiction, la vie, pour l’éternité. » – Psaume 133:1,3

La foi inébranlable de trois jeunes hommes

L’histoire de Schadrac, Méschac et Abed-Nego dans Daniel 3 est particulièrement édifiante. Ces trois jeunes hommes déportés à Babylone, arrachés à leur terre natale, se retrouvent soudain confrontés à un ordre royal qui contredit leur foi profonde: se prosterner devant une statue d’or ou être jetés dans une fournaise ardente.

Le roi Nebucadnetsar les interroge avec arrogance:

« Est-ce de propos délibéré, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, que vous ne servez pas mes dieux, et que vous n’adorez pas la statue d’or que j’ai élevée? Maintenant tenez-vous prêts, et au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue que j’ai faite; si vous ne l’adorez pas, vous serez jetés à l’instant même au milieu d’une fournaise ardente. Et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main? » – Daniel 3:14-15

Leur réponse est un modèle de courage et de foi:

« Nous n’avons pas besoin de te répondre là-dessus. Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi. Sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as élevée. » – Daniel 3:16-18

Notre contexte doit nous amener à l’unité

Ces trois hommes savaient qui ils étaient réellement. On pouvait changer leurs noms, mais pas leur identité profonde. Ils ne se sont pas laissés définir par la folie d’un homme.

Ce qui me frappe, c’est que chaque fois qu’il est question d’eux, on lit: « Schadrac, Méschac et Abed-Nego. » Ils sont toujours ensemble. Ils avancent ensemble, souffrent ensemble, font front ensemble. Quand ils répondent au roi, ils disent « NOUS », jamais « JE ».

Quand le roi s’adresse à eux, aucun ne rejette la faute sur les autres en disant: « C’est à cause de lui, moi je n’ai rien à voir. » Au contraire, ils assument collectivement leur position.

Trop souvent dans notre génération, face à l’épreuve, nous nous isolons. Nous nous coupons du monde, essayant de nous en sortir seuls, évitant de partager nos difficultés pour ne pas perdre la face ou pour éviter que les autres changent de regard sur nous.

L’épreuve est une source de bénédiction dès qu’elle renforce les liens qui nous unissent. Tu n’es pas seul, nous sommes ensemble.

Le mot « uni » en hébreu est chaber. Il signifie « uni, camarade, compagnon, travailleur et adorateur. » Dans l’Ecclésiaste, quand nous lisons « Deux valent mieux qu’un, car s’il tombe, l’autre relève son compagnon », ce compagnon est aussi un ami, un associé, un camarade, un adorateur qui est tombé.

Nous devons nous engager les uns envers les autres et dire « NOUS » en tant qu’église. Nous serons trouvés ensemble: unis, compagnons, camarades, adorateurs. Nous sommes plus forts ensemble et nous ne laisserons pas l’épreuve, la difficulté, la maladie ou l’échec nous séparer.

Notre contexte ne doit pas changer notre foi

Si ma foi est la manifestation de ma confiance en Dieu, elle n’a aucune raison de changer, puisqu’il n’y a chez Dieu « aucun changement ni ombre de variation » (Jacques 1:17).

Ces trois jeunes hommes l’affirment clairement: « Notre Dieu peut nous délivrer de la fournaise. » Ce n’est pas du fanatisme. La fournaise est bien réelle devant eux, et le roi est particulièrement furieux, ayant droit de vie ou de mort sur eux.

C’est précisément dans ce moment critique, où l’unité aurait pu se fissurer, qu’ils restent inébranlables ensemble. Ensemble, unis, notre foi est décuplée.

J’ai vécu cela personnellement avec notre association de motards chrétiens. Notre président local a été frappé par une hépatite fulminante qui a évolué très rapidement. Pour survivre, il lui fallait une greffe.

Tout notre groupe s’est mobilisé. Nous avons fait front commun, prié, jeûné alors qu’il était entre la vie et la mort. Son foie avait lâché, ses forces l’abandonnaient, nous avons failli le perdre.

De façon miraculeuse, selon son médecin lui-même, il a remonté la pente. Aujourd’hui, sous traitement, il va bien, a quitté l’hôpital et repris progressivement le travail. Nous avons même pu rouler ensemble à nouveau.

Voici ce qu’il m’a confié: « À aucun moment je n’ai eu l’idée ou l’envie de baisser les bras. Vos prières, vos messages d’encouragement, votre force m’ont porté. J’avais pleinement conscience que je pouvais mourir, mais j’avais aussi pleinement conscience que je pouvais vivre. Que Dieu était plus grand que tous les diagnostics. Humainement, j’étais condamné, mais spirituellement plus vivant que jamais. Merci les amis, on roule ensemble, mais on se bat ensemble et on gagne ensemble. »

Voilà ma conviction profonde: Quand l’église se rassemble dans l’unité pour prier et adorer, le destructeur ne peut rien contre elle. Il y a dans l’autre ce petit peu de foi qui te manque, et tu portes le morceau dont lui a besoin. C’est pourquoi l’église est magnifique quand elle est unie – sa foi collective est beaucoup plus puissante.

Notre contexte doit manifester la gloire de Dieu

Lisons la suite de l’histoire de ces trois hommes:

« Sur quoi Nebucadnetsar fut rempli de fureur, et il changea de visage en tournant ses regards contre Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Il reprit la parole et ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’il ne convenait de la chauffer. Puis il commanda à quelques-uns des plus vigoureux soldats de son armée de lier Schadrac, Méschac et Abed-Nego, et de les jeter dans la fournaise ardente. Ces hommes furent liés avec leurs caleçons, leurs tuniques, leurs manteaux et leurs autres vêtements, et jetés au milieu de la fournaise ardente. Comme l’ordre du roi était sévère, et que la fournaise était extraordinairement chauffée, la flamme tua les hommes qui y avaient jeté Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Et ces trois hommes, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, tombèrent liés au milieu de la fournaise ardente. » – Daniel 3:19-23

Schadrac, Méschac et Abed-Nego restent imperturbables. On les attache, les envoie vers une fournaise chauffée sept fois plus que d’habitude. Les gardes qui les y jettent sont eux-mêmes brûlés vifs – preuve de l’intensité des flammes. Tout aurait dû les terrifier, les pousser à négocier, à s’excuser, à chercher une autre solution.

Pourtant, pour eux, quelle que soit l’issue, Dieu est glorifié. C’est leur priorité absolue.

Réfléchissons un instant: si Dieu n’était pas intervenu, quel souvenir aurions-nous gardé de ces trois jeunes hommes? Ils auraient tenu ferme, sans fléchir, courageux, restant unis jusque dans la mort. Dieu les aurait accueillis en héros dans Sa gloire, comme tant de martyrs à travers les siècles.

En réalité, quelle que soit l’issue: Quand nous traversons l’épreuve, même si humainement les choses tournent mal, nous manifestons la gloire de Dieu par notre confiance et notre unité.

Mais ici, ils vont vivre un miracle extraordinaire:

« Alors le roi Nebucadnetsar fut effrayé, et se leva précipitamment. Il prit la parole, et dit à ses conseillers: N’avons-nous pas jeté au milieu du feu trois hommes liés? Ils répondirent au roi: Certainement, ô roi! Il reprit et dit: Eh bien, je vois quatre hommes sans liens, qui marchent au milieu du feu, et qui n’ont point de mal; et la figure du quatrième ressemble à celle d’un fils des dieux. » – Daniel 3:24-25

Un quatrième homme apparaît, « qui a la figure d’un fils des dieux ». J’y vois personnellement l’ange de l’Éternel, j’y vois Jésus, j’y vois Dieu qui se manifeste en personne. Dieu honore de Sa présence ceux qui sont unis en Son nom pour glorifier Son nom, même quand les circonstances leur sont défavorables.

Sa présence dans la fournaise prouve, s’il en était besoin, que Dieu est fidèle jusque dans le feu. Mais ce n’est pas tout:

« Les satrapes, les intendants, les gouverneurs, et les conseillers du roi s’assemblèrent; ils virent que le feu n’avait eu aucun pouvoir sur le corps de ces hommes, que les cheveux de leur tête n’avaient pas été brûlés, que leurs caleçons n’étaient point endommagés, et que l’odeur du feu ne les avait pas atteints. » – Daniel 3:27

Quand on les sort de la fournaise, on constate qu’ils n’ont pas brûlé – ni leurs vêtements, ni leurs cheveux, pas même l’odeur du feu ne les a imprégnés. En revanche, ce sont leurs liens qui ont brûlé.

C’est extraordinairement significatif: L’épreuve n’est pas destinée à te consumer mais simplement à faire brûler les liens avec lesquels l’ennemi croyait te tenir et manifester ainsi la grandeur de Dieu.

Le fait que les liens aient brûlé prouve que le feu était bien réel dans la fournaise. Dieu n’a pas épargné la fournaise à ces trois serviteurs; Il les a épargnés DANS la fournaise.

Mon ami, arrête de te torturer. Dieu ne t’a pas épargné l’épreuve, non pas pour te punir, non pas parce qu’Il ne t’aime pas, non pas parce qu’Il est méchant, non pas parce que TU es méchant. Non! Dieu veut te montrer Sa gloire dans la fournaise. Il veut que tu puisses manifester Sa gloire au milieu de l’épreuve.

Fais le choix aujourd’hui, avec Schadrac, Méschac et Abed-Nego, de la confiance, du courage et de l’honneur. Faisons ce choix ensemble, en tant qu’église. Entends Dieu te murmurer que c’est le temps de se tenir plus que jamais dans l’unité – non pas l’unité de la peur, mais l’unité de la foi.

Parvenir à la stature parfaite

Je voudrais terminer avec ce passage de Paul aux Éphésiens, chapitre 4. Paul y parle des ministères que Dieu a donnés à l’église pour le perfectionnement des saints, pour l’édification du corps de Christ, dans un but précis:

« Jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ. » – Éphésiens 4:13

L’expression « homme fait » peut être traduite par « parfait », « rendu parfait », « amené à la perfection ».

Je crois que Schadrac, Méschac et Abed-Nego sont parvenus avant nous à cet état d’hommes faits. Quelle chance nous avons de pouvoir nous retrouver, de bénéficier du ministère les uns des autres, de collaborer dans l’unité pour parvenir ensemble à cette stature!

L’épreuve n’y changera rien. La situation que tu traverses actuellement n’y changera rien. Le projet de Dieu pour toi et moi reste le même: que nous parvenions à l’état d’hommes et de femmes accomplis – des personnes unies dans la foi, qui ne baissent pas les bras et qui avancent ensemble pour manifester la gloire de Dieu.

Nouveau livre Jérémie Poulet "Sois fort et courageux"

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *