En bref — Le silence de Dieu ne signifie pas l’absence de Dieu. Quand le ciel semble fermé, Il est encore là, comme Jésus se tenait sur le rivage pendant que Pierre, déçu de lui-même, pêchait toute la nuit sans rien prendre. Mais Sa patience ne signifie pas non plus Son approbation : il y a parfois un trouble, un découragement ou un compromis à régler avec Lui, par la foi. Non, il n’est pas trop tard. Il n’y a pas de retour à la case départ avec Jésus : Il demeure fidèle, et Il t’appelle encore.
Tu as prié, et rien ne s’est passé. Tu as attendu, et la réponse n’est pas venue. Ce silence de Dieu a fini par t’user, au point que tu as peut-être arrêté de prier : parler à un plafond, à la longue, ça décourage.
Si tu lis ces lignes, tu t’es peut-être déjà surpris à murmurer « Dieu m’a abandonné » ou « j’ai perdu la foi ». Peut-être tard le soir. Peut-être avec un nœud dans la gorge.
Je n’ai pas de réponse toute faite. Mais j’ai une conviction, et je te la partage comme on parle à un ami : Dieu ne t’a pas oublié. Et il n’est pas trop tard.
Quand le silence de Dieu devient assourdissant
Soyons honnêtes : on ne traverse pas tous le silence de Dieu pour les mêmes raisons.
Il y a celui qui passe par une période de doute, de remise en question. Il croyait, il croit encore un peu, mais tout est devenu flou.
Il y a celui qui a été déçu, trahi. Par quelqu’un de l’église, par un ami, par un leader. Et sa foi a pris le choc en même temps que son cœur.
Il y a aussi celui qui a déçu, ou trahi. Il sait ce qu’il a fait. Il a pris des décisions contraires à ce qu’il croyait, et maintenant il n’ose plus lever les yeux.
Il y a celui qui a baissé les bras. Il se dit qu’il a gâché les dons que Dieu lui avait confiés, que Jésus ne l’appelle plus.
Et puis il y a celui qui attend. Depuis longtemps. Il avait reçu une promesse, il s’y est accroché, mais ses yeux ne voient rien venir. Il se sent oublié, abandonné à sa souffrance, à ses questions, à son histoire.
Peut-être que tu te reconnais dans l’une de ces situations. Alors je veux d’abord te dire ceci : ce que tu ressens est réel, et tu n’as pas à faire semblant. Jésus Lui-même n’est pas loin de ce que tu traverses.
Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. (Hébreux 4:15)
Le « souverain sacrificateur », c’est Jésus : Celui qui se tient entre Dieu et nous et plaide notre cause. Il sait ce que c’est qu’être trahi par un ami. Il ne te regarde pas de haut.
Le silence de Dieu ne signifie pas l’absence de Dieu
Il y a une phrase que je voudrais que tu gardes :
Le silence de Dieu ne signifie pas l’absence de Dieu. Mais Sa patience ne signifie pas non plus Son approbation.
Prenons la première moitié.
Quand Dieu se tait, notre réflexe est de conclure qu’Il est parti, qu’Il s’est lassé de nous. C’est humain : avec les gens, le silence veut souvent dire distance, rupture, indifférence.
Mais Dieu n’est pas comme nous.
Dieu n’est point un homme pour mentir, ni fils d’un homme pour se repentir. Ce qu’il a dit, ne le fera-t-il pas ? Ce qu’il a déclaré, ne l’exécutera-t-il pas ? (Nombres 23:19)
Jésus a promis d’être avec Ses disciples « tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28:20). Tous les jours. Pas seulement ceux où l’on sent quelque chose. Les jours silencieux aussi.
On peut ne pas toujours comprendre Jésus. On peut se poser mille questions à Son sujet. On peut se sentir loin de ce qu’Il veut. Tout ça, je le crois. Mais Il reste digne de confiance. Il dit ce qu’Il fait, Il fait ce qu’Il dit. Il ne triche pas, Il ne trahit pas.
Sa patience n’est pas Son approbation
Et la seconde moitié de la phrase ? Je ne veux pas l’esquiver, même si elle est moins confortable.
Parfois, le silence que nous vivons n’a rien à voir avec nous. C’est une épreuve, une saison d’attente, et nous n’y sommes pour rien.
Mais parfois, si on est honnête, il y a quelque chose entre Dieu et nous. Un compromis qu’on laisse s’installer. Une amertume qu’on nourrit. Une décision qu’on sait contraire à Sa Parole.
Que Dieu ne nous foudroie pas sur place ne veut pas dire qu’Il valide. Sa patience, c’est Sa bonté qui nous laisse le temps de revenir.
Je ne te dis pas ça pour te culpabiliser. Je te le dis parce que c’est une bonne nouvelle : si quelque chose doit être réglé, alors quelque chose peut être réglé. Le trouble que tu traverses, le découragement qui t’assaille ou le compromis qui te ronge, tu peux les régler avec Lui, par la foi.
Pierre, la nuit où il est retourné à ses filets
Il y a un épisode de l’Évangile qui me touche profondément quand je pense à ceux qui se sentent loin de Dieu.
Pierre a marché trois ans avec Jésus. Il L’a vu guérir, enseigner, aimer. Et puis, la nuit de l’arrestation, il L’a renié. Trois fois. Lui qui avait juré qu’il ne Le lâcherait jamais.
Après la résurrection, que fait Pierre ? Il aurait dû entrer dans sa mission. À la place, il retourne à son ancien métier. Déçu de lui-même, sans doute persuadé que tout est fini pour lui.
Simon Pierre leur dit : Je vais pêcher. Ils lui dirent : Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien. (Jean 21:3)
Une nuit entière. Rien.
Est-ce que ça ne ressemble pas à ce que tu vis ? Tu retournes à tes vieilles habitudes, tu te débats dans ton bateau, et ça ne donne rien.
Mais écoute la suite :
Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage ; mais les disciples ne savaient pas que c’était Jésus. (Jean 21:4)
Jésus était là. Sur le rivage. Pendant qu’ils peinaient, pendant qu’ils ne Le voyaient pas, pendant qu’ils ne savaient même pas que c’était Lui.
Voilà ce qu’est souvent le silence de Dieu : Il est là, mais nous ne Le reconnaissons pas encore.
Jésus les interpelle. Il leur dit de jeter le filet du côté droit. Et le filet se remplit. Il n’est pas venu faire des reproches à Pierre. Il est venu le chercher.
Mon ami, si tu as commencé à suivre Jésus, c’est bien. Si tu t’es arrêté, c’est dommage. Si tu as chuté et que tu te débats dans ton bateau avec ce que tu connais, laisse-moi te dire ceci : Jésus est sur le bord de ton rivage, et Il t’appelle encore.
Est-il trop tard pour revenir à Dieu ?
C’est peut-être la question qui te brûle le plus. « J’ai trop attendu. J’ai trop fait n’importe quoi. Jésus a dû renoncer à moi. »
Non. C’est faux.
Quand on suit Jésus, on fait encore des erreurs. On doute encore. On tombe encore. Ce n’est pas une excuse, c’est un constat. Mais cela ne signifie pas qu’on a tout perdu.
Tu connais le Monopoly ? Dans ce jeu, une mauvaise carte peut te renvoyer à la case départ, sans même toucher ton argent au passage. Avec Jésus, il n’y a pas de case départ. Ce n’est pas un jeu. Tu reprends la route là où tu l’as laissée.
Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel. (Romains 11:29)
Ce que Dieu a déposé en toi, Il ne te l’a pas repris. Rien ne t’a été confisqué.
Regarde encore la fin de l’histoire de Pierre :
Simon Pierre monta dans la barque, et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois grands poissons ; et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne se rompit point. (Jean 21:11)
Au début de l’Évangile, lors d’une première pêche miraculeuse, le filet se rompait (Luc 5:6). À la fin, malgré le reniement, malgré la nuit d’échec, le filet tient. Il ne se déchire plus.
Il n’est pas trop tard pour revenir à Dieu. Le filet ne va pas se rompre. La promesse ne va pas se rompre. La fidélité de Dieu ne va pas se rompre.
Et Pierre est devenu celui qui a prêché, fondé des églises, écrit des lettres que nous lisons encore.
Déçu par les hommes, pas par Jésus
Je veux m’adresser un instant à ceux dont le silence a commencé par une blessure.
Peut-être que tu t’es effacé derrière une blessure causée par un leader, un pasteur, un ami, un collègue. Tu t’es assis au fond de ton bateau, et tu n’en es plus sorti.
Je comprends. Je sais ce que c’est. J’aime l’Église, mais j’y ai aussi été blessé. Et c’est là que j’ai dû apprendre à faire grâce, à pardonner, à persévérer. J’y ai surtout appris que Dieu est Celui qui guérit, restaure et rebâtit.
Il y a une chose que je voudrais t’aider à distinguer : avoir été déçu par des hommes, ce n’est pas avoir été déçu par Jésus.
Ce n’est pas parce que j’ai été trahi ou blessé dans mes relations que je vais vivre la même chose avec Lui. C’est même l’inverse. Jésus redonne confiance. Il donne envie d’oser vivre à nouveau ce qui a été abîmé, là où l’on s’est trompé ou là où l’on a été trompé.
Alors ne reste pas isolé. Relève-toi. Reprends le chemin du pardon. Jésus n’a pas jeté l’éponge avec toi. Il te relève, te console, te restaure, pour que tu puisses reprendre ta route là même où tu l’avais arrêtée.
Ce que tu peux faire quand Dieu se tait
« D’accord, mais concrètement, je fais quoi ? » Voici ce que je crois, et ce que j’ai vécu.
Ne lâche pas Sa main
Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. (2 Timothée 2:13)
Ta foi vacille ? Sa fidélité, elle, ne vacille pas. Si suivre Jésus est compliqué en ce moment, si ça te coûte tout ce que tu as, je veux t’encourager à une seule chose : ne lâche pas Sa main.
C’est le minimum que TU peux faire. Et c’est ce choix qui reste possible, même quand tout le reste semble hors de portée.
Souviens-toi de pourquoi tu as commencé
Quand tu as envie d’abandonner, retourne en arrière dans ta mémoire. Le jour où tu as dit oui à Jésus. Ce qu’Il a fait pour toi.
C’est ce qui m’a permis de traverser les épreuves de la vie jusqu’ici. Des moments de doute, j’en ai connu. De la peur aussi. Mais me souvenir de pourquoi j’avais commencé m’a gardé dans le chemin.
Demande-Lui d’augmenter ta foi
Les disciples, qui vivaient avec Jésus au quotidien, ont eu besoin de Lui dire : « Augmente-nous la foi » (Luc 17:5). J’ai prié comme ça de nombreuses fois. Tu as le droit de le faire aussi, sans honte.
Et ouvre ta Bible, même si tu ne ressens rien. Un chapitre. Un psaume. La foi grandit en entendant la Parole de Dieu, pas en attendant d’avoir envie.
Ne te lasse pas
Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. (Galates 6:9)
« Au temps convenable. » Pas forcément au tien. Mais il viendra.
Les circonstances que tu vis ne sont pas la fin de l’histoire que Jésus écrit. Elles sont un lieu où la foi choisit d’espérer encore, de prier encore, de pardonner encore, de louer encore.
Et tu n’es pas démuni pour ce chemin. L’apôtre Pierre, celui-là même qui avait renié Jésus, a écrit plus tard :
Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu. (2 Pierre 1:3)
Tout ce qui est nécessaire. Ce ne sont pas les mots d’un homme amer, trahi par une promesse non tenue. Ce sont les mots d’un homme qui est tombé, qui a été relevé, et qui sait de quoi il parle.
Un jour à la fois, un jour avec foi
Les disciples de Jésus n’ont pas tout réussi. Ils ont douté, chuté, été troublés. Mais ils ont appris que le Maître est bon, et qu’ils n’ont jamais été traités comme ils le méritaient. Ils ont été traités comme des enfants aimés de leur Père.
Ils ont été corrigés, puis relevés. Éprouvés, mais pas abandonnés. Et leur témoignage est arrivé jusqu’à nous.
J’en parle plus longuement dans mon livre Suis-moi : Jésus a tenu parole pour eux. Il tiendra parole pour toi.
Alors si le silence de Dieu pèse sur toi en ce moment, je t’invite à faire un seul pas. Pas dix. Un. Dis-Lui simplement, avec tes mots : « Seigneur, je suis là. Je ne Te comprends pas toujours, mais je ne veux pas lâcher Ta main. Augmente ma foi. »
Puis encore un pas. Puis un autre. Un jour à la fois, un jour avec foi.
Jésus est sur le rivage. Il t’attend.

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Questions fréquentes
Pourquoi Dieu ne répond-il pas à mes prières ?
Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Parfois, Dieu nous fait traverser une saison d’attente, et Sa réponse viendra « au temps convenable » (Galates 6:9). Parfois, quelque chose doit être réglé entre Lui et nous : un compromis, une amertume. Dans tous les cas, Son silence ne veut pas dire qu’Il est absent. Continue de prier, d’ouvrir Sa Parole, et de Lui faire confiance, même sans comprendre.
Comment savoir si Dieu m’a abandonné ?
Si tu te poses la question, c’est que ton cœur cherche encore Dieu, et c’est déjà un signe qu’Il te tire à Lui. La Bible est claire : Jésus a promis d’être avec les siens tous les jours, et « si nous sommes infidèles, il demeure fidèle » (2 Timothée 2:13). Le sentiment d’abandon est réel, il fait mal, mais il ne dit pas la vérité sur Dieu. Il ne te laissera pas tomber.
J’ai perdu la foi : comment revenir à Dieu ?
Commence petit. Parle-Lui honnêtement, avec tes mots, même pour Lui dire que tu doutes. Demande-Lui comme les disciples : « Augmente-nous la foi » (Luc 17:5). Reprends la lecture de la Bible, un passage par jour, par exemple dans les Évangiles. Souviens-toi de pourquoi tu avais commencé. Et ne reste pas seul : rapproche-toi d’une église ou d’un chrétien de confiance pour avancer avec d’autres.
Peut-on revenir à Dieu après L’avoir renié ?
Oui. L’apôtre Pierre a renié Jésus trois fois, puis il est retourné à son ancien métier, déçu de lui-même. Jésus est venu le chercher au bord du lac, et Pierre est devenu un pilier de l’Église naissante. Dieu ne reprend pas les dons et l’appel qu’Il a confiés (Romains 11:29). Avec Lui, il n’y a pas de retour à la case départ : tu reprends la route là où tu l’avais laissée.
Le doute est-il un péché pour un chrétien ?
Douter n’est pas renier. Les disciples eux-mêmes ont douté, été troublés, manqué de foi, et Jésus ne les a pas rejetés : Il les a corrigés, puis relevés. Le doute devient un piège quand on s’y installe et qu’on ferme la porte à Dieu. Apporte-Lui tes questions plutôt que de les garder pour toi. Il préfère un cœur honnête qui cherche à une façade bien rangée.

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