Renouveler sa passion pour Dieu à l’exemple d’Abraham et ses tamaris

par | 2 Oct 2025 | foi

Temps de lecture : 7 minutes

Comment renouveler sa passion pour Dieu à travers l’exemple d’Abraham

Il arrive parfois, lorsqu’on lit la Bible depuis longtemps, qu’on ait la sensation d’avoir tout lu, tout compris et tout entendu dire sur un passage. Et pourtant, c’est là qu’une découverte nouvelle peut surgir, un message qui réveille notre cœur et ranime notre foi. C’est ce défi que je me suis lancé aujourd’hui : relire un récit bien connu de l’Ancien Testament, et en retirer un enseignement frais pour notre vie spirituelle. Je vous invite à me suivre dans cette réflexion autour du thème “passion renouvelée”.

Je suis convaincu que nous avons tous besoin, à un moment donné, de vibrer à nouveau à l’idée d’accomplir la volonté de Dieu, de marcher par la foi, de vivre un réveil personnel et de recevoir une parole qui vient de Lui. Alors, êtes-vous prêts à laisser Dieu réveiller en vous une passion renouvelée pour Sa parole et Sa présence ?

Abraham, les tamaris et l’alliance de paix : un modèle pour nos saisons de paix

Commençons notre réflexion dans le livre de la Genèse, au chapitre 21, verset 33-34 :

“Abraham planta des tamaris à Beer-Shéba, et là il fit appel au nom de l’Éternel, le Dieu d’éternité. Abraham séjourna longtemps dans le pays des Philistins.” (Genèse 21:33-34)

Ce passage fait suite à une alliance conclue entre Abraham et Abimélec, alors que ces deux hommes, ennemis à cause d’une querelle sur des puits, passent un pacte de paix authentique. Ces puits étaient essentiels à la survie dans un environnement rude, et sceller la paix autour d’eux signifiait mettre un terme aux conflits et s’ouvrir à la prospérité.

Beer-Shéba signifie le “puits des serments” ou “puits des sept”, car Abraham a fait un sacrifice avec sept brebis pour officialiser cette alliance — un symbole biblique de complétude, de perfection. Le message, c’est la fin des épreuves et le commencement d’une saison de paix, de ressources et d’espérance.

Mais Abraham ne se contente pas de célébrer. Il plante des tamaris. Pour un nomade comme lui, cela ne signifie pas juste un acte de jardinage. Planter un arbre en pleine terre, c’est s’installer, c’est bâtir pour le long terme. C’est une déclaration forte : “Je reste ici, je fais une pause, je m’enracine dans cette bénédiction et cette paix”.

Le tamaris n’est pas un arbre fruitier, mais un arbre robuste, adapté aux climats difficiles, souvent utilisé pour le bois de chauffage ou la construction. C’est un choix stratégique d’autonomie et de stabilité, une manière pour Abraham de garantir son indépendance énergétique et matérielle pendant qu’il vit cette paix.

Et surtout, en plantant ces tamaris, Abraham invoque le Dieu d’éternité. Il ne l’appelle pas juste Dieu pour ses attributs immédiats, mais pour ce qu’Il est de façon éternelle. Il se projette avec confiance, à long terme, fondé sur l’assurance que Dieu est immergé dans le temps et au-delà du temps.

Avons-nous planté nos tamaris… au pays des Philistins ? Une invitation à l’audit spirituel

Le texte dit qu’Abraham séjourna longtemps dans le pays des Philistins, peuple étranger et souvent en opposition avec les Israélites. C’est là que je veux attirer votre attention, car même si Abraham profite de la bénédiction, même s’il vit dans une saison de paix et de calme, il est installé dans un lieu qui n’est pas la terre promise.

C’est une analogie puissante pour notre vie aujourd’hui. Combien d’entre nous vivent des périodes de confort, d’apaisement, des saisons où tout paraît aller bien, mais où, peut-être sans le réaliser, nous sommes spirituellement installés dans un environnement qui ne correspond pas vraiment à l’appel profond de Dieu dans notre vie ?

Ce “pays des Philistins”, c’est une métaphore pour toutes ces zones où on se sent bien mais où on risque de perdre la vigilance spirituelle, où notre foi peut s’engourdir, où notre passion s’éteint doucement. Abraham a le temps de voir ses tamaris grandir, et Dieu ne l’en blâme pas, car ces saisons sont nécessaires. Après des épreuves intenses — la famine, les dangers en Égypte, la séparation avec Lot ou encore la destruction de Sodome — un temps de pause est légitime.

Mais attention à ne pas confondre ces moments avec l’arrêt définitif. Dans nos vies aussi, les moments où tout va bien, où Dieu nous bénit avec la santé, la famille, la sécurité, les projets, sont précieux et méritent gratitude. Mais cela ne doit jamais nous faire oublier que nous sommes juste des voyageurs sur cette terre, appelés à demeurer éveillés et passionnés pour le Royaume.

Il est crucial de se rappeler que :

  • Nos trésors matériels sont temporaires
  • Notre véritable destination est le ciel
  • Et que notre appel est d’entretenir en nous une passion ardente pour Jésus et Son œuvre.

Alors, la question qui vient à mon esprit est simple : avez-vous planté vos tamaris dans le pays des Philistins ? Êtes-vous installés où vous devriez être, ou avez-vous besoin d’un nouveau souffle, d’une nouvelle audace, d’un réveil ?

“Me voici” : être prêt à répondre à l’appel de Dieu quand il demande le sacrifice

Juste après ce moment de paix, le texte biblique enchaîne avec un défi radical :

“Après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : ‘Abraham !’ Celui-ci répondit : ‘Me voici !’ 2 Dieu dit : ‘Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t’en au pays de Morija et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai.’” (Genèse 22:1-2)

Voilà un test de foi absolu, dans une démarche qui dépasse notre compréhension naturelle. Abraham, dans une saison qui semblait paisible, reçoit une demande extrêmement difficile : offrir en sacrifice ce qu’il a de plus précieux.

Ce “holocauste” symbolise un abandon complet, total. Dieu demande à Abraham : « Es-tu prêt à me sacrifier ce que tu considères comme ta plus grande bénédiction ? »

Cette question est aussi pour nous aujourd’hui. Dans notre époque de paix relative, dans nos saisons de réussite et de bénédictions, sommes-nous prêts à répondre à l’appel de Dieu, même si cela implique un sacrifice difficile ?

Abraham ne tergiverse pas. Il répond simplement : “Me voici.”

Cette réponse est une illustration parfaite de la foi authentique :

  • La bénédiction n’étouffe pas la voix de Dieu
  • Elle ne rend pas sourd à Son appel
  • Elle ne nous rend pas insensibles à Sa volonté

Sommes-nous encore prêts, comme Abraham, à dire “Me voici” quand Dieu nous appelle à sortir de notre zone de confort, à Le servir, à Le suivre, même dans l’inconnu ?

La marche vers Morija : obéir sans comprendre mais avec foi

L’obéissance d’Abraham se manifeste immédiatement :

“3 Abraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste et partit pour aller à l’endroit que Dieu lui avait indiqué. 4 Le troisième jour, Abraham leva les yeux et vit l’endroit de loin. 5 Il dit à ses serviteurs : ‘Restez ici avec l’âne. Le jeune homme et moi, nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous.’” (Genèse 22:3-5)

Peu importe comment Abraham a dormi la nuit précédente, peu importe ses questionnements, il avance. Trois jours de marche, avec la perspective de sacrifier son fils, un défi immense.

Ces 3 jours évoquent aussi le symbole puissant des trois jours que Jésus passa dans le tombeau, un passage qui a conduit à la victoire sur la mort.

Dans ce moment, Abraham garde la tête baissée puis la lève. Lever les yeux signifie lever le regard vers Dieu, vers la promesse et vers la foi qui donne une perspective au-delà des circonstances visibles.

Abraham monte au sacrifice non pas avec désespoir, mais avec une détermination d’adoration : il croit qu’il reviendra avec Isaac.

Cette confiance nourrit toute sa démarche. Il comprend que ce moment n’est pas une condamnation mais un acte d’adoration entre lui et Dieu.

Le bois, le feu et l’agneau : les indispensables de notre adoration

Avant l’instant du sacrifice, un dialogue poignant se déroule :

“6 Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac et porta lui-même le feu et le couteau. Ils marchèrent tous les deux ensemble. 7 Alors Isaac dit à Abraham : ‘Mon père !’ Il répondit : ‘Me voici, mon fils !’ 8 Isaac reprit : ‘Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ?’ 9 Abraham répondit : ‘Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l’agneau pour l’holocauste.’ Et ils poursuivirent leur route ensemble.” (Genèse 22:6-8)

Trois éléments essentiels :

  • Le bois, pour constituer le feu
  • Le feu, pour allumer le sacrifice
  • L’agneau, pour l’offrande elle-même

Isaac remarque que l’agneau manque, c’est la clé du mystère. Abraham, avec foi, sait que Dieu pourvoira.

Je m’interroge : le bois que prend Abraham ne vient-il pas de ses tamaris, qu’il avait patiemment plantés à Beer-Shéba ? Cela symboliserait que nos bénédictions, ce que Dieu nous a déjà donné, doit faire partie intégrante de notre adoration. Nos possessions, nos ressources doivent être offertes à Dieu, non égoïstement gardées.

Aujourd’hui, dans notre vie, nos talents, notre temps, nos biens sont le “bois” que nous pouvons mettre sur l’autel de notre adoration.

L’agneau, absent dans cette scène, sera finalement pourvu par Dieu lui-même :

“11 L’ange de l’Éternel cria à Abraham : ‘N’avance pas ta main sur l’enfant.’ … 13 Abraham leva les yeux, et aperçut un bélier pris dans un buisson par les cornes. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.” (Genèse 22:11-13)

Ce que Dieu réclame d’Abraham, Il le remplace. Lorsque nous obéissons, Dieu pourvoit toujours à ce qui nous manque.

Dans notre vie, l’Agneau est déjà pourvu une fois pour toutes en Jésus-Christ. Sur le Mont Golgotha, Il a offert Sa vie, accomplissant le sacrifice parfait.

Alors qu’est-ce qui peut encore nous manquer pour reprendre notre passion dans l’obéissance joyeuse ?

Le feu : ce dont nous avons vraiment besoin pour raviver notre foi

Nous avons :

  • Le bois de nos bénédictions
  • L’agneau, Jésus-Christ, Sauveur offert une fois pour toutes

Mais souvent, le feu manque.

Le feu est la présence brûlante de Dieu dans notre cœur. C’est ce que Jésus appelle l’Esprit Saint qui embrase, qui réveille, qui active. C’est la force intérieure qui fait de nous des adorateurs, des serviteurs passionnés, des enfants ardents pour Dieu.

J’ai besoin aujourd’hui de ce feu. J’ai besoin que brûle en moi la conscience vivante que Jésus est là, toujours :

  • Roi
  • Médiateur
  • Saint trois fois saint
  • Tout-puissant, omniprésent
  • Capable de nous relever, de nous affermir et de nous restaurer

Le feu, c’est ce souffle divin qui rallume notre cœur quand la foi s’étiole, quand la passion s’éteint.

Nous avons besoin d’être embrasés à nouveau, comme Abraham, pour remettre nos bénédictions sur l’autel de Dieu, pour Le suivre avec courage, pour répondre “Me voici” à Son appel.

Conclusion : Allez-vous laisser Dieu raviver votre passion aujourd’hui ?

Je vous pose cette question finale : voulez-vous que votre passion soit renouvelée ?

Vos tamaris poussent peut-être encore dans le “pays des Philistins”, ce lieu de confort et de bénédiction. C’est une bonne chose. Vous pouvez dire merci pour cette saison.

Mais Dieu vous appelle à plus : un engagement toujours renouvelé, un sacrifice quotidien, une vie d’adoration qui transforme.

Comme Abraham a reçu un rendez-vous sur la montagne, Dieu vous appelle aujourd’hui personnellement, par votre nom. Il veut pourvoir ce qui manque dans votre vie, pour que vous soyez pleinement disponible à Son œuvre.

Acceptez d’être écoutant et obéissant, prêt à sacrifier ce qui doit l’être, avec la foi que Dieu pourvoira.

La suite de l’histoire d’Abraham montre qu’après cet instant de foi extrême, il retourne à Beer-Shéba, mais rien ne sera plus comme avant. Son cœur est transformé.

Mon frère, ma sœur, je vous encourage à ne pas rester là où vous en êtes, ne laissez pas la passion s’enraciner dans la routine ou l’indifférence. Osez répondre à l’appel de Dieu avec un cœur ardent.

C’est cela, la clé pour une foi renouvelée : écouter, obéir, adorer, et laisser Dieu allumer le feu qui embrasera votre vie pour Lui.

Que cette parole vous accompagne aujourd’hui et que Dieu vous bénisse puissamment dans cette démarche de passion renouvelée.

Amen.

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