Je ne suis pas à la hauteur : Dieu peut-il m’utiliser ?

par | 26 Oct 2026 | Identité

Temps de lecture : 10 minutes

En bref — Oui, Dieu peut utiliser quelqu’un de timide, de complexé, qui ne se sent pas à la hauteur. La Bible en est pleine : Moïse avait la « langue embarrassée », Gédéon se disait le plus petit de sa famille, et les disciples étaient des hommes du peuple sans instruction. Dieu voit en nous ce que nous ne voyons pas, précisément parce que nos yeux restent fixés sur nos limites. Jésus ne parie pas sur les plus doués : Il s’engage à faire de toi ce que tu n’es pas encore. Ton rôle, c’est de dire oui et de faire un pas, même avec une foi grosse comme un grain de moutarde.

« Moi ? Non. Ce n’est pas pour moi. » Tu t’es peut-être déjà surpris à penser ça. Quand on te propose de prier à voix haute, de témoigner ou de servir à l’église. Tu te sens pas à la hauteur. Trop timide, pas assez instruit, pas du bon milieu, pas assez spirituel.

Je veux te parler franchement, d’ami à ami. Parce que cette petite voix, je l’ai entendue pendant des années. Et je peux te dire une chose : elle ne dit pas la vérité sur toi.

Ce sentiment de ne pas être à la hauteur, je le connais bien

J’ai grandi dans un petit village du nord de la France. Une famille modeste, ouvrière. Pas de relations, pas de célébrité, personne pour me faciliter la vie.

Et surtout, j’étais timide. Pas un peu réservé : agoraphobe, même. Extrêmement mal à l’aise avec les gens, y compris dans ma propre famille. J’avais du mal à parler, il m’arrivait de bégayer.

Je me souviens d’un repas de famille. Un moment censé être agréable, mais qui pour moi était douloureux. À un moment, mon père m’a lancé : « Mais tu ne préfèrerais quand même pas vivre seul sur une île déserte ? » Honnêtement, à cette époque, c’est exactement ce que j’aurais voulu.

À l’école, je n’avais pas vraiment d’amis. Je me sentais différent. J’étais plus grand que les autres, et la plupart de mes camarades venaient de milieux aisés, alors que moi je venais d’un milieu ouvrier.

Je tiens à le dire clairement : je n’ai jamais eu de mépris pour mon milieu, ni pour mes parents, ni pour ma région. Aucune colère. Simplement, quelque chose en moi criait que les choses ne pouvaient pas être différentes. Qu’il fallait prendre le même chemin que les autres. Une sorte de fatalité tranquille.

Mes parents étaient chrétiens. J’avais toujours entendu parler de Jésus, qui fait de nous ce que nous ne pourrions pas devenir sans Lui. Mais pour moi, c’était abstrait. Joli, mais irréalisable.

Peut-être que tu te reconnais là-dedans. Pas forcément dans la timidité, mais dans cette impression que les « grandes choses » de Dieu, c’est pour les autres.

Dieu voit en toi ce que tu ne vois pas

Voici une phrase que j’ai mis des années à comprendre : Dieu voit en nous des choses que nous ne voyons pas. Et nous ne les voyons pas, précisément à cause de ce que nous voyons.

Relis-la tranquillement.

Ce que tu vois, ce sont tes blocages, ta voix qui tremble, le regard des autres. Tout ça occupe ton champ de vision, au point de cacher ce que Dieu, Lui, a déjà vu en toi.

Sa façon de voir n’est pas la nôtre. Il le dit Lui-même :

Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. (Ésaïe 55:9)

Quand Jésus dit « Suis-moi, et je ferai de toi… », Il part de qui tu es en ce moment. Pas de la personne que tu crois devoir devenir avant de pouvoir Le servir. Il part de là où tu es, et Il t’emmène vers ce que tu n’es pas encore.

Dieu choisit les faibles, et ce n’est pas un slogan

Si tu ouvres la Bible, tu vas avoir une surprise. Les héros de la foi ne sont pas des surhommes. Ce sont des gens qui, pour la plupart, auraient pu dire eux aussi : « Je ne suis pas à la hauteur. »

L’apôtre Paul l’écrit sans détour :

Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes. (1 Corinthiens 1:27)

Ce n’est pas que Dieu aime la faiblesse pour elle-même. C’est que, dans une vie qui ne peut pas compter sur ses propres forces, on voit clairement que c’est Lui qui agit.

Moïse et sa langue embarrassée

J’ai un point commun avec Moïse. Quand Dieu l’appelle pour aller parler à Pharaon, voici sa réponse :

Moïse dit à l’Éternel : Ah ! Seigneur, je ne suis pas un homme qui ait la parole facile, et ce n’est ni d’hier ni d’avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur ; car j’ai la bouche et la langue embarrassées. (Exode 4:10)

Dieu ne lui répond pas : « Mais si, tu parles très bien. » Il lui dit : « Va donc, je serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu auras à dire » (Exode 4:12). La solution n’est pas dans Moïse. Elle est dans la présence de Dieu avec lui.

Gédéon, le plus petit de la maison

Gédéon, lui, est en train de se cacher quand l’ange de l’Éternel le salue d’un « vaillant héros ». J’imagine qu’il a regardé derrière lui pour voir à qui on parlait. Sa réponse :

Gédéon lui dit : Ah ! mon seigneur, avec quoi délivrerai-je Israël ? Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père. (Juges 6:15)

Un milieu modeste, et l’impression d’être le dernier de la liste. Dieu l’a pourtant appelé « héros » avant qu’il ait fait quoi que ce soit.

Des pêcheurs sans instruction

Et quand Jésus choisit Ses disciples, Il ne va pas chercher l’élite. Il va vers des pêcheurs, des gens peu instruits, sans réseau ni diplôme. Quelques années plus tard, les responsables religieux de Jérusalem sont stupéfaits :

Lorsqu’ils virent l’assurance de Pierre et de Jean, ils furent étonnés, sachant que c’étaient des hommes du peuple sans instruction ; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus. (Actes 4:13)

Tout est dans la fin du verset : ils avaient été avec Jésus. C’est ça qui avait fait la différence. Noé, Abraham, Débora, Ruth, Esther, Daniel… la liste est longue de ces hommes et de ces femmes sortis de leur contexte, d’un destin tout tracé, parce qu’ils ont répondu à l’appel.

Timidité et foi chrétienne : faut-il changer de caractère ?

Peut-être que tu te demandes : est-ce que je dois devenir extraverti pour servir Dieu ? Est-ce que ma timidité est un manque de foi ?

Paul écrit à Timothée :

Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. (2 Timothée 1:7)

Attention à ne pas lire ce verset comme un reproche. Paul ne dit pas à Timothée : « Change de personnalité. » Il lui rappelle que la peur n’a pas le dernier mot, parce que l’Esprit de Dieu qui vit en lui est un Esprit de force.

Dieu ne te demande pas de jouer un personnage. Il ne va pas faire de toi quelqu’un d’autre. Il va faire de toi la meilleure version de ce qu’Il a mis en toi. Mon beau-frère, Dan Luiten, avec qui j’écris des chants de louange, était lui aussi un ancien timide. Deux timides qui finissent par voyager pour chanter et porter le message de Jésus : il faut croire que Dieu a de l’humour.

Je ne suis pas devenu quelqu’un d’autre. Je suis devenu ce que Dieu avait vu.

Quand je me suis senti pas à la hauteur à Nashville

Même des années après, ce sentiment peut revenir. Je vais te raconter.

En 2005, au Québec, j’ai rencontré Stéphane Quéry, un conducteur de louange que j’admirais. Il m’a proposé de faire quelques dates avec lui en Europe et m’a demandé mes coordonnées. Je les lui ai laissées, persuadé qu’il ne m’appellerait jamais. Trois mois plus tard, mon téléphone sonnait.

Puis, dans les années 2010, j’ai fait la connaissance d’Andrew MacGregor, aujourd’hui pasteur à Nashville. Un jour, il m’a dit : « La prochaine fois, c’est toi qui viens chez nous. » Dans ma tête, ça n’arriverait jamais. Je n’étais pas assez bon, je suis Français, et d’habitude ce sont les Français qui invitent les Américains.

En 2017, il m’a écrit. Il m’invitait à lancer la rentrée de son église, enseigner ses leaders et prêcher. Pas de traducteur. Il fallait prêcher en anglais. J’avais quatre mois pour me préparer.

Moi, né à Saint-Quentin, grandi à Ramicourt, un village de 150 habitants. L’ancien agoraphobe qui n’arrivait pas à s’exprimer. C’est à moi qu’on proposait ça.

J’ai dit oui, malgré mes craintes. J’ai travaillé à fond, je me suis entouré, j’ai prié. Et Dieu a étiré mes limites. Ma foi a été étirée, mon cœur aussi. J’ai dû dépendre de Lui comme jamais.

Tu vois, le sentiment de ne pas être à la hauteur ne disparaît pas forcément. Mais il n’a plus le droit de décider à ta place.

Jésus ne parie pas sur les plus doués

Voici ce qui me rassure profondément. Quand Jésus dit « je ferai de toi », Il parle de Son engagement à Lui, pas du tien.

Jésus ne joue pas au tiercé. Il ne fait pas de pari sur qui va y arriver, qui est capable ou qui le mérite. Il s’engage parce qu’Il sait qu’Il peut le faire avec toi, malgré ta nature, ton histoire, ton passé.

Et Il a tout ce qu’il faut pour tenir parole. Il a le cœur : Il t’aime au point d’avoir donné Sa vie. Il a les ressources : tout pouvoir Lui a été donné. Et Il a la stratégie : c’est Lui qui t’a créé, Il sait comment tu fonctionnes mieux que quiconque.

Jésus va même plus loin :

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes. (Jean 14:12)

Il ne réserve pas cette promesse aux gens sûrs d’eux. Il la donne à « celui qui croit ». Et Dieu a des projets pour toi, des projets bons :

Je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. (Jérémie 29:11)

Une vie ordinaire avec Dieu n’est pas une vie au rabais

Je dois être honnête avec toi sur un point. Quand je raconte qu’un jeune timide du nord de la France a fini par prêcher en France, en Belgique, en Suisse, au Canada, en Côte d’Ivoire, en Thaïlande, en Haïti et aux États-Unis, ou par écrire des livres, ce n’est pas pour me mettre en avant.

Rien de tout ça n’est un but en soi. Et surtout, ce n’est pas « mieux » que ce que tu peux vivre quand tu marches avec Dieu et que tu as saisi Son plan pour ta vie.

Peut-être que Dieu ne t’appellera jamais sur une estrade. Peut-être qu’Il t’appelle à aimer ton conjoint, élever tes enfants dans la foi, encourager un collègue, servir discrètement dans ton église, prier pour ton voisin. Ce n’est pas une petite vie. C’est une vie habitée par Jésus.

Écoute ce que le maître dit au serviteur dans la parabole :

C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de choses, je te confierai beaucoup. Viens partager la joie de ton maître. (Matthieu 25:21)

Fidèle en peu de choses. Ce n’est pas la taille de la mission qui compte aux yeux de Dieu. C’est ta fidélité.

Un pas suffit, même avec un grain de foi

Alors, Dieu peut-il utiliser quelqu’un qui ne se sent pas à la hauteur ? Je crois même qu’Il préfère commencer par là. Parce qu’une personne consciente de ses limites sait qu’elle a besoin de Lui.

J’aime ce verset de Paul, même s’il n’est pas simple à vivre :

J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. (Galates 2:20)

Il reste encore pas mal de « moi » dans ma vie, je l’avoue. Mais je choisis de vivre dans la foi. Et Jésus a dit qu’une foi petite comme un grain de moutarde suffit à déplacer des montagnes. Tu n’as pas besoin d’une foi immense. Tu as besoin d’une foi tournée vers Lui.

Concrètement, arrête de te demander si tu es à la hauteur, et demande plutôt à Dieu : « Qu’est-ce que Tu vois en moi ? » Lis les Évangiles pour voir comment Jésus traite les gens que tout le monde ignore. Et la prochaine fois qu’une porte s’ouvre, même petite, dis oui avant que la peur ne réponde à ta place.

Tu peux prier simplement : « Seigneur, je ne me sens pas capable. Mais je crois que Toi, Tu l’es. Fais de moi ce que Tu as prévu. » J’en parle plus longuement dans mon livre Suis-moi, mais tout commence là.

Mon ami, Jésus ne t’appelle pas parce que tu es prêt. Il t’appelle parce qu’Il croit en ce qu’Il peut faire de toi.

Le livre Suis-moi, et je ferai de toi… de Jérémie Poulet

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Dans mon nouveau livre, je développe tout cela en dix chapitres simples et concrets, avec mon propre parcours et des versets pour avancer. Parce que Jésus n’a pas fini avec toi.

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Questions fréquentes

Que dit la Bible quand on se sent incapable de servir Dieu ?

La Bible montre que presque tous ceux que Dieu a appelés se sentaient incapables. Moïse avait la parole difficile, Gédéon se disait le plus petit de sa famille, Jérémie se trouvait trop jeune. Chaque fois, Dieu ne nie pas leurs limites, mais Il promet Sa présence. Paul résume ce principe : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12:9). Ton incapacité devient l’endroit où Dieu montre Sa force.

Pourquoi Dieu choisit-il les faibles plutôt que les forts ?

Dieu ne méprise pas les forts, mais Il aime agir à travers ceux qui ne peuvent pas compter sur eux-mêmes. Ainsi, personne ne peut se glorifier : on voit clairement que la réussite vient de Lui. 1 Corinthiens 1:27 dit que Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes. C’est une bonne nouvelle : tu n’as pas besoin d’un CV impressionnant pour être utile dans Son projet.

La timidité est-elle un péché pour un chrétien ?

Non, la timidité n’est pas un péché. C’est un trait de caractère, souvent lié à notre histoire. 2 Timothée 1:7 rappelle que Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité mais de force, d’amour et de sagesse : ce n’est pas un reproche, c’est une promesse. Dieu ne te demande pas de devenir extraverti. Il veut que la peur ne t’empêche pas d’obéir quand Il t’appelle.

Comment savoir si Dieu veut m’utiliser malgré mes faiblesses ?

Si tu suis Jésus, la réponse est oui. Son appel « Suis-moi, et je ferai de toi » s’adresse à tous Ses disciples, pas à une élite. Commence par être fidèle là où tu es : ta famille, ton travail, ton église. Prie, lis la Bible, et sois attentif aux portes qui s’ouvrent. Souvent, Dieu confirme Son appel à travers des occasions concrètes et des personnes qui t’encouragent.

Peut-on servir Dieu quand on vient d’un milieu modeste ?

Bien sûr. Jésus a choisi des pêcheurs, des hommes du peuple sans instruction, et ils ont marqué l’histoire parce qu’ils avaient été avec Lui (Actes 4:13). Ton milieu, ton niveau d’études ou ton accent ne sont pas des obstacles pour Dieu. Il ne regarde pas ton origine, Il regarde ton cœur et ta disponibilité. Ce qui compte, c’est de répondre oui à Son invitation.

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