Que nous en soyons conscients ou non, nos paroles détiennent un pouvoir considérable. Elles peuvent élever, encourager et donner la vie, ou au contraire, décourager, blesser et semer la mort. Je souhaite aujourd’hui vous faire prendre conscience de ce pouvoir que nous possédons tous, afin que nous puissions l’utiliser à bon escient.
Une expérience personnelle qui a failli tout changer
Laissez-moi vous partager une expérience marquante de ma jeunesse. À 16 ans, fraîchement converti, je commençais à servir Dieu avec quelques amis dans notre église locale. Nous jouions de la musique pendant les réunions et avions même commencé à composer nos propres chants de louange.
Je me souviens encore de notre première prestation publique. Nous étions tendus, nerveux à l’idée de présenter le fruit de notre travail. Nous nous étions investis pleinement, désireux de témoigner de notre foi à travers nos compositions et de porter un message d’espoir.
Après notre premier morceau, plutôt satisfait de notre performance sans fausse note, j’ai entendu une dame au premier rang prononcer à haute voix : « Ça fait du bien quand ça s’arrête ».
En une phrase, elle venait d’anéantir ma motivation. Ma confiance s’est effondrée instantanément. Je n’avais plus envie de jouer, d’écrire, de partager ma foi ou même de servir.
Une simple phrase avait suffi pour menacer d’enterrer un projet, des rêves, un appel.
Vingt-huit ans plus tard, après des dizaines de compositions, des centaines de concerts, de nombreuses tournées et plusieurs albums co-écrits, je remercie Dieu que cette phrase n’ait pas éteint le rêve, le projet, l’appel, le potentiel et la destinée qui étaient en moi.
La vie et la mort sont au pouvoir de la langue
Les Proverbes 18:21 l’affirment avec une clarté saisissante : la vie et la mort sont au pouvoir de la langue.
Pour illustrer cette vérité, regardons l’histoire de Job dans la Bible. Cet homme a tout perdu : ses biens, sa santé, ses enfants. Sa souffrance était immense, sa douleur indescriptible.
Trois amis de Job apprirent tous les malheurs qui l’avaient frappé. Il s’agissait d’Eliphaz de Théman, de Bildad de Shuach et de Tsophar de Naama. Venus chacun de son pays, ils se concertèrent pour aller exprimer leur compassion à Job et le réconforter. Ils l’aperçurent de loin, mais ils ne le reconnurent pas. Ils se mirent alors à pleurer tout haut, déchirèrent leurs manteaux et jetèrent de la poussière en l’air au-dessus de leur tête. Pendant 7 jours et 7 nuits, ils restèrent assis par terre à côté de lui, sans lui dire un mot, car ils voyaient à quel point sa douleur était grande. (Job 2:11-13)
Pendant sept jours, ces amis n’ont pas prononcé une parole. Sept jours de silence, de retenue. On pourrait penser qu’après une telle période de réflexion, leurs paroles seraient réconfortantes et édifiantes.
Pourtant, quand ils ont finalement parlé, leurs premiers mots ont été :
Si l’on tente de te dire un mot, le supporteras-tu? Mais comment serait-il possible de garder le silence? Tu as donné de nombreux avertissements, tu as fortifié les bras qui se baissaient, tes paroles ont relevé ceux qui trébuchaient, tu as affermi les genoux qui pliaient, et maintenant qu’il s’agit de toi, tu es abattu! Maintenant que tu es atteint, tu es bouleversé! Ta crainte de Dieu ne devrait-elle pas être ton soutien? Ton espérance, n’est-ce pas l’intégrité de ta conduite? Cherche donc dans ton souvenir: quel est l’innocent qui est mort? Où a-t-on vu disparaître les hommes droits? Pour ma part, voici ce que j’ai vu: ceux qui labourent l’injustice et qui sèment le malheur en récoltent les fruits; ils sont détruits par le souffle de Dieu, ils sont exterminés par le vent de sa colère. (Job 4:1-9)
En résumé : « Tu mérites ce qui t’arrive, c’est Dieu qui te punit. » Des paroles qui enfoncent davantage une personne déjà au fond du gouffre.
Ne soyez pas des marchands de scandales
Lévitique 19:16 nous exhorte : « Tu ne propageras pas de calomnies parmi ton peuple et tu ne t’attaqueras pas à la vie de ton prochain. Je suis l’Éternel… Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel. »
Dans les prescriptions divines, il est clairement mentionné de ne pas propager le mal, la critique, la calomnie. Le terme hébreu pour « calomnie » évoque l’image d’un « marchand de scandales » – quelqu’un qui propage les échecs, les faiblesses et les fautes d’autrui, parfois en mentant ou en exagérant.
Nous y cédons tous parfois. Mais je refuse d’être compté parmi ces marchands de scandales. Je ne veux pas critiquer, calomnier, céder à la jalousie, la rancœur ou l’amertume qui s’exprimerait par ma bouche.
Souvenez-vous de cette vérité : si vos amis calomnient les autres en votre présence, ils finiront par vous calomnier en votre absence.
Devenons des « Barnabas »
Joseph – celui que les apôtres surnommaient Barnabas, ce qui signifie « fils d’encouragement » -, un Lévite originaire de Chypre. (Actes 4:36)
Barnabas était reconnu comme un disciple ayant une caractéristique particulière : il était encourageant. Tellement encourageant que son prénom Joseph a été changé pour « fils d’encouragement ».
Qu’est-ce qui le distinguait ? Que pouvons-nous apprendre de lui ?
La main du Seigneur était avec eux et un grand nombre de personnes crurent et se tournèrent vers le Seigneur. La nouvelle en parvint aux oreilles des membres de l’Église de Jérusalem et ils envoyèrent Barnabas jusqu’à Antioche. À son arrivée, lorsqu’il vit la grâce de Dieu, il en éprouva de la joie. Il les encourageait tous à rester attachés au Seigneur d’un cœur ferme, car c’était un homme de bien, plein d’Esprit saint et de foi. (Actes 11:21-24)
Antioche vivait un réveil spirituel. Les apôtres de Jérusalem y envoyèrent Barnabas. Pourquoi lui ? Parce que même dans les moments favorables, certains doutent, critiquent ou jalousent.
Barnabas a encouragé ces nouveaux convertis à rester fermement attachés au Seigneur. Il ne niait pas le chemin qui restait à parcourir, mais soulignait celui qui avait déjà été fait pour donner envie de continuer à avancer.
C’est ce que nous sommes appelés à être en tant qu’église : des Barnabas, des fils et filles d’encouragement.
Prononçons des paroles qui donnent le pouvoir de devenir
Mais à tous ceux qui l’ont acceptée (la Parole), à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu. (Jean 1:12)
Au commencement, la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. Par sa parole, Dieu a créé, a mis en ordre. Jésus était la Parole faite chair.
Cette Parole, pour ceux qui la reçoivent, donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Elle brise le cercle infernal de la mort.
Arrêtons de prononcer des paroles qui maintiennent les gens dans la mort. Prononçons plutôt des paroles de vie, inspirées par Celui qui nous a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.
Paroles qui brisent le rejet et l’abandon
Je te choisis, et ne te rejette point! Ne crains rien, car je suis avec toi; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu; Je te fortifie, je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante. (Ésaïe 41:9-10)
Paroles de vie éternelle
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. (Jean 6:47)
Paroles de valeur
Parce que tu as du prix à mes yeux, parce que tu es honoré et que je t’aime, Je donne des hommes à ta place, Et des peuples pour ta vie. (Ésaïe 43:4)
Paroles de provision et de soin
Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. (Matthieu 6:31-33)
Paroles pour le retour de Christ
Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. (Jean 14:1-3)
Je veux m’approprier ces paroles, les rappeler à mon âme et à l’âme de ceux qui traversent le doute, la peur ou le découragement. Ce sont des paroles de vie qui libèrent, affermissent et donnent un cap.
Des paroles qui ouvrent des portes
Permettez-moi de conclure avec un dernier exemple du pouvoir de nos paroles : Barnabas et Paul.
Après sa conversion, Paul (alors appelé Saul) était rejeté par tous à cause de son passé de persécuteur. Personne ne voulait de lui, personne ne le croyait. Sa destinée était bloquée par les paroles négatives des gens autour de lui.
Arrivé à Jérusalem, Saul essaya de se joindre aux disciples, mais tous avaient peur de lui car ils ne croyaient pas qu’il était un disciple. Alors Barnabas le prit avec lui, le conduisit vers les apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur qui lui avait parlé et avec quelle assurance il avait prêché à Damas au nom de Jésus. (Actes 9:26-27)
Il existe des paroles qui ferment des portes, et d’autres qui les ouvrent. Des paroles qui éteignent le feu, et d’autres qui l’allument. Des paroles qui blessent, et d’autres qui guérissent. Des paroles qui édifient, et d’autres qui détruisent. Des paroles qui donnent la vie, et d’autres qui donnent la mort.
- Si vous avez communiqué la mort par vos paroles, demandez pardon à Christ et aux personnes que vous avez blessées : un enfant, un conjoint, un ami, un collègue.
- Si vous avez été blessé par les paroles des autres, recevez la guérison et la restauration qui viennent de Dieu. Il vous console, vous libère et vous restaure.
Et ensemble, prions : « Seigneur, purifie ma bouche, purifie mon cœur, car c’est de lui que viennent les paroles que je prononce. »

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