Comment la foi renouvelle la passion dans notre marche avec Dieu

par | 13 Juil 2026 | foi

Temps de lecture : 7 minutes

Il arrive parfois que, lorsque l’on lit la Bible, on ait le sentiment d’avoir déjà tout lu, tout saisi, et même d’avoir tout entendu prêcher sur un passage. Un texte connu, sur lequel tous les prédicateurs ont déjà échangé, et qui semble ne plus pouvoir nous surprendre. Pourtant, je vous invite à revisiter un récit bien connu de l’Ancien Testament, un passage qui peut nous parler puissamment aujourd’hui, renouveler notre passion et affermir notre foi.

Je vous propose de plonger ensemble dans cette expérience avec un regard neuf, pour retrouver cette énergie, ce désir profond d’accomplir la volonté de Dieu et de vivre par la foi, avec un réveil personnel, assoiffés de recevoir une parole qui puisse nous remuer, nous transformer.

Êtes-vous prêts à ouvrir votre cœur à l’action de Dieu aujourd’hui ? Souhaitez-vous être rafraîchis dans votre foi, affermis dans votre marche, renouvelés dans votre passion pour le Seigneur et son œuvre ? C’est ce que je vous invite à vivre.

Nous ne sommes pas ici par habitude ou routine, ni pour nous divertir. Nous sommes réunis pour célébrer passionnément Celui qui nous a sauvés, entendre Sa voix qui guide nos pas, et nous laisser transformer par le renouvellement de notre intelligence et de notre cœur.

Je prie que nous soyons une église, un peuple, une communauté ayant faim et soif de la parole de Dieu, désirant non seulement l’entendre, mais la connaître et la vivre pleinement.

Le contexte de Genèse 21 : Abraham, la paix et les tamaris

Pour commencer, retournons dans le livre de la Genèse, au chapitre 21, verset 33 :

« Abraham planta des tamaris à Beer-Shéba, et là il fit appel au nom de l’Éternel, le Dieu d’éternité.
Abraham séjourna longtemps dans le pays des Philistins. »
Genèse 21:33-34

Un rapide rappel du contexte : Abraham vient de conclure une alliance de paix avec Abimélec, son ancien ennemi, après une dispute très sérieuse autour d’un puits.

À cette époque, les puits étaient d’une importance capitale : ils garantissaient l’eau nécessaire à la survie des hommes et des troupeaux. Il n’était pas rare que ces ressources déclenchent des conflits, parfois même des guerres.

Mais ici, Abraham et Abimélec choisissent la paix. L’endroit s’appelle Beer-Shéba, ce qui signifie « puits du serment » ou « puits des 7 », un chiffre biblique symbolisant la perfection, la complétude. En effet, Abraham a scellé cette alliance par un sacrifice de 7 brebis. Ce n’est pas qu’un simple accord commercial, c’est un acte solennel qui dit : la guerre est finie, les épreuves sont terminées, place à une nouvelle étape !

Pour Abraham, c’est un moment porteur d’espérance, un temps où il peut envisager la prospérité, se projeter en paix.

Et c’est dans cette atmosphère qu’Abraham “plante des tamaris”. Un geste qui pourrait sembler anodin, presque banal, mais qui marque un choix profond.

Pourquoi planter des tamaris est un acte de foi, pas un détail anodin

Pour un nomade, planter un arbre est un acte lourd de sens : c’est déclarer qu’on pose ses valises, qu’on s’installe, qu’on choisit la stabilité après des années d’errance.

Planter un arbre signifie que désormais, on pense à long terme. On accepte que les fruits de cet arbre ne seront pas immédiats, qu’il faudra attendre des années pour en récolter les bénéfices.

Les tamaris, plus qu’un simple arbre, sont connus pour leur capacité à pousser dans des environnements difficiles, comme les déserts ou sur les littoraux méditerranéens. C’est un arbre robuste, qui résiste aux tempêtes, à la chaleur, et dont le bois est utilisé pour se chauffer et construire.

Autrement dit, Abraham ne plante pas un arbre fruitier pour se nourrir directement, mais quelque chose qui lui garantit une indépendance énergétique et matérielle, un confort durable.

En plantant ces tamaris, Abraham dit en quelque sorte : « Je veux m’établir ici, dans la longévité, en paix, avec le Dieu d’éternité à mes côtés. »

Evidemment, Abraham invoque Dieu sous ce nom particulier : “le Dieu d’éternité”. Ce n’est pas un petit détail, car il se projette non seulement dans l’immédiat mais dans le temps qui vient, avec Dieu, celui qui ne change pas, qui est au-delà du temps.

Sommes-nous comme Abraham, installés au pays des Philistins ?

La Bible dit qu’Abraham a séjourné longuement dans ce pays. Dieu ne lui fait aucun reproche. Cette saison peut être légitime : un temps pour souffler après des épreuves.

Pensons un instant à tout ce qu’Abraham a traversé avant : il a quitté son pays, sa famille, affronté la famine, connu des conflits, la séparation d’avec Lot, assisté à la destruction de Sodome, et vécu des tensions avec Abimélec jusqu’à cette alliance.

Ce temps de paix est un temps de bénédiction. Nous pouvons tous connaître ces moments : une saison où tout roule, où l’on profite d’une accalmie après la tempête, où on peut dire simplement merci à Dieu.

Ces temps sont bons : je ne manque de rien, je suis en santé, j’aime mon église, j’ai des projets… un moment où l’on a envie de se poser, de respirer.

Mais la question que je pose aujourd’hui est essentielle : dans quel “pays des Philistins” avons-nous planté nos tamaris ?

Le confort que nous connaissons peut devenir une prison. Être installé, tranquille, sans remise en question, peut nous éloigner de notre vocation. Nous ne sommes que de passage ici-bas. Nos véritables trésors sont dans le ciel.

Il est crucial de garder la flamme, la passion pour le Royaume de Dieu, même dans la paix, même dans la prospérité.

Êtes-vous prêts à répondre “Me voici” quand Dieu appelle au sacrifice ?

Tout de suite après ce passage, voici ce que Dieu demande à Abraham :

« Après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : ‹Abraham!›
Celui-ci répondit : ‹Me voici!›
Dieu dit : ‹Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t’en au pays de Morija et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai.› »
Genèse 22:1-2

Alors que tout semble aller pour Abraham, Dieu lui demande un acte de foi ultime : lui sacrifier son fils unique. C’est une demande incompréhensible humainement !

Cette épreuve est une invitation à remettre tout entre les mains de Dieu, même ce que nous aimons le plus.

C’est un test de foi profonde: suis-je prêt à Lui faire confiance, même quand je ne comprends pas ?

Abraham répond sans délai, avec un “Me voici” plein de foi. Ce “Me voici” est beaucoup plus qu’un “je t’écoute” : c’est une disponibilité totale, une soumission, une offrande de soi-même à Dieu à tout instant.

Ce que je veux que nous retenions, c’est que :

  • La bénédiction n’a pas étouffé la voix de Dieu.
  • La bénédiction n’a pas rendu Abraham sourd à l’appel divin.
  • La bénédiction n’a pas affaibli son obéissance.

Sommes-nous encore prêts à répondre “Me voici” ? Sommes-nous encore disponibles pour Dieu, même quand Il nous appelle à faire un pas risqué, un sacrifice nécessaire pour notre croissance spirituelle ?

L’obéissance d’Abraham : un modèle de foi et de passion renouvelée

Regardons comment Abraham agit :

« Abraham se leva de bon matin, sella son âne, prit deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste et partit à l’endroit que Dieu lui avait indiqué.
Le troisième jour, Abraham leva les yeux et vit l’endroit de loin.
Il dit à ses serviteurs : ‹Restez ici avec l’âne. Le jeune homme et moi irons là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous.› »
Genèse 22:3-5

Abraham ne tergiverse pas, il obéit sans poser de questions, il agit.

Trois jours de marche avec la mort au bout, trois jours à avancer dans la confiance. Ce “trois” fait écho aux trois jours de Jésus dans le tombeau, un temps d’attente, mais d’espérance en la vie à venir.

Quand Abraham lève les yeux vers la montagne, c’est un geste puissant : il choisit de regarder au-delà de l’épreuve, vers Dieu, vers ce qu’Il veut accomplir.

Il garde foi, il n’avance pas dans le désespoir ni la résignation.

Sa déclaration est forte :

« Le jeune homme et moi irons là-bas pour adorer, puis nous reviendrons. »

Il attaque cette épreuve dans l’adoration, avec la certitude que la mort ne l’emportera pas.

Il comprend que ce chemin est entre lui et Dieu, que les autres serviteurs ne sont pas concernés par ce sacrifice.

Bois, feu, agneau : les éléments clés de notre adoration

Dans ce récit, Isaac fait une remarque qui vaut réflexion :

« Mon père ! — Me voici, mon fils ! — Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »
Genèse 22:6-7

Isaac insiste : il manque l’agneau, l’offrande nécessaire.

On remarque que le bois et le feu sont présents. Je me pose une question : Ce bois, ne viendrait-il pas de ces tamaris plantés par Abraham ?

Si c’est le cas, c’est un symbole fort. Abraham utilise les bénédictions qu’il a reçues pour l’offrir à Dieu dans l’adoration.

Cela nous pousse à nous demander : sommes-nous capables de présenter à Dieu ce que nous avons, ce qu’Il nous a donné — nos ressources, notre vie, notre travail — comme un sacrifice d’adoration ?

Et l’agneau, lui, est absent ici.

La réponse d’Abraham :

« Dieu pourvoira lui-même à l’agneau pour l’holocauste. »
Genèse 22:8

Cette phrase est un sommet de foi.

Dieu sait, Dieu agit, il saura fournir ce qu’il manque.

Et la Bible nous raconte que, juste au moment où Abraham s’apprête à sacrifier Isaac :

« L’ange de l’Éternel l’appela du ciel et dit : ‹N’avance pas ta main sur l’enfant, ne lui fais rien ; car je sais que tu crains Dieu et que tu ne lui as pas refusé ton fils unique.›
Abraham leva les yeux et vit un bélier pris dans un buisson. Il prit le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. »
Genèse 22:11-13

Dieu pourvoit toujours quand nous obéissons.

Jésus, l’Agneau offert une fois pour toutes

Pour nous, au temps du Nouveau Testament, l’Agneau est déjà donné.

Nous ne grimpons plus au mont Morija en espérant que Dieu pourvoira l’agneau, car Dieu a envoyé Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, offert une fois pour toutes.

Cela nous libère et nous invite à offrir à Dieu d’autres choses : tous nos tamaris, nos biens, mais surtout ce feu qui manque.

Le feu, c’est cette passion, cette ferveur, cette présence ardente du Saint-Esprit, qui embrase notre cœur et fait brûler nos bras pour avancer malgré les obstacles.

Le feu de Dieu : ce dont nous avons besoin pour une foi vivante

Aujourd’hui, nous avons le bois (nos bénédictions, nos dons, ce que Dieu nous a donné), nous avons l’Agneau (Jésus-Christ).

Mais peut-être qu’il nous manque… le feu.

Le feu qui embrase nos cœurs.

Ce feu du Saint-Esprit qui réveille notre conscience, qui rallume la flamme dans notre vie, qui nous pousse à marcher par la foi, à obéir joyeusement, à adorer sans réserve.

Nous avons besoin de ce feu, parce que sans lui nos bénédictions peuvent devenir des chaînes, nos conforts des pierres d’achoppement.

Je dis : J’ai besoin que Dieu m’embrase à nouveau.

J’ai besoin de Sa présence pour me rappeler qu’Il est toujours Roi, qu’Il est au-dessus de tout, toujours saint, admirable, tout-puissant, omniscient, qui guérit, conduit, corrige, instruit, relève, affermit, libère, pardonne, restaure, établit et appelle.

Il fait de nous un royaume de sacrificateurs pour Son Père.

Veux-tu que ta passion soit renouvelée ?

Je vous pose cette question, à vous qui lisez ces lignes :

Veux-tu que ta passion pour Dieu, pour Son œuvre, pour la marche à Sa suite soit renouvelée ?

Tu peux rester à regarder tes tamaris pousser dans le pays des Philistins, profiter de ta vie confortable et bénie. C’est une chose légitime.

Mais Dieu nous appelle tous, toi et moi, chacun par son prénom.

Il prononce ton nom ce soir, car il y a un rendez-vous pour faire le point sur ta montagne. Il veut pourvoir à ce qui manque à ton âme, à ta vie, à ton appel.

Abraham est redescendu avec Isaac, changé à jamais, prêt à repartir.

Dieu ne veut rien d’autre de nous que notre écoute, notre obéissance, notre disponibilité à sacrifier ce qui nous est précieux pour Lui.

C’est cela, la vraie adoration.

C’est cela qui transforme une vie.

C’est cela que Dieu utilise pour renouveler la passion dans nos cœurs.

Alors, répondons-lui avec foi et amour :

Me voici, Seigneur !

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