Être dans le monde mais pas du monde : vivre selon les principes de Jésus aujourd’hui

par | 14 Août 2025 | Identité

Temps de lecture : 8 minutes

Il y a des phrases de Jésus qui frappent, qui bousculent, qui forcent à réfléchir. Celle-ci en fait partie :

« Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. » (Matthieu 16:24)

Soyons honnêtes… à première vue, ça ne fait pas envie. Renoncer à soi-même ? Porter une croix ? Ce n’est pas exactement la recette qu’on imagine pour une vie « facile ». Alors pourquoi vouloir suivre Jésus malgré cet appel exigeant ?

La réponse tient en un mot : relation.
Quand on connaît vraiment Jésus, pas seulement comme une figure historique, mais comme une personne vivante, proche et aimante, on réalise à quel point il est inspirant. Sa force, son humilité, sa fidélité, sa compassion… tout en Lui donne envie de marcher à ses côtés. Et plus on Le connaît, plus on a envie de Lui ressembler.

C’est justement le cœur de cet enseignement : vivre dans ce monde, tout en restant aligné avec les valeurs du Royaume de Dieu. Jésus l’a dit clairement :

« Ils ne sont pas du monde, tout comme moi je ne suis pas du monde. » (Jean 17:16)

Alors, comment vivre cette réalité aujourd’hui, dans un environnement qui ne partage pas toujours notre foi ni nos valeurs ?
Comment tracer et garder les frontières spirituelles qui protègent notre cœur, sans se couper du monde où Dieu nous envoie ?

C’est ce que nous allons explorer ensemble.

Comprendre ce que Jésus veut dire par « être dans le monde mais pas du monde »

Quand Jésus parle de ses disciples, Il dit quelque chose de très clair :

« Je leur ai donné ta parole, et le monde les a détestés parce qu’ils ne sont pas du monde, tout comme moi je ne suis pas du monde. » (Jean 17:14)

Cette phrase contient deux vérités inséparables : nous sommes dans le monde, mais nous ne sommes pas du monde. Pour bien vivre cette tension, il faut comprendre ce que ces mots signifient.

Jésus, le modèle parfait

Suivre Jésus, ce n’est pas seulement imiter un comportement moral, c’est adopter Sa manière de vivre. Il est le modèle parfait : fort et courageux, mais aussi doux et humble. Il servait, il aimait, il guérissait, il encourageait, il disait la vérité sans compromis.

Et voici la bonne nouvelle : Jésus n’invite pas seulement à admirer son exemple, Il propose de nous équiper pour Lui ressembler. Plus je découvre qui Il est, plus je réalise que ce n’est pas un fardeau de marcher dans Ses pas… c’est une grâce.

Le sens biblique de « dans le monde »

Être dans le monde, c’est vivre notre vie quotidienne — avec un travail, une famille, des amis, des responsabilités — au milieu d’une société qui a ses propres règles et valeurs. Jésus Lui-même a marché sur cette terre, partagé nos réalités humaines, mangé, travaillé, voyagé.

Mais être du monde, c’est autre chose : c’est adopter la mentalité, les priorités et les valeurs qui vont à l’encontre du Royaume de Dieu. Jésus affirme que ses disciples ne viennent plus de ce système-là : ils appartiennent à un autre Royaume.

Cela signifie qu’un chrétien peut être pleinement impliqué dans la vie de la société, mais sans en absorber tout ce qui est contraire à la volonté de Dieu.

Identifier et respecter les frontières spirituelles

Pour vivre dans le monde sans être du monde, il est indispensable de connaître et de respecter ses frontières spirituelles. Jésus nous appelle à rester conscients de notre appartenance au Royaume de Dieu, même au milieu d’un environnement qui ne partage pas toujours nos valeurs.

Illustration des frontières : l’exemple de Schengen

Jérémie utilise l’exemple de l’espace Schengen. Avant 1995, pour passer d’un pays européen à un autre, il fallait s’arrêter, présenter ses papiers, parfois ouvrir le coffre de la voiture. Il y avait un poste frontière clair, identifiable, qu’on ne pouvait pas traverser sans contrôle.
Aujourd’hui, ces postes ont disparu, et on peut franchir une frontière sans même s’en apercevoir. C’est pratique pour acheter du chocolat en Belgique, mais dans la vie spirituelle, c’est un vrai danger.

Si je ne suis plus capable de voir où s’arrête le Royaume de Dieu et où commence le royaume du monde, je risque de traverser cette frontière sans m’en rendre compte. Petit à petit, mes pensées, mes valeurs et mes choix s’alignent sur ceux du monde, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de différence visible.

Comment savoir si mes frontières sont visibles ?

Les frontières spirituelles ne sont pas physiques, elles se voient dans ma manière de vivre. Ce sont les limites que je me fixe volontairement pour rester aligné avec la Parole de Dieu.
Une bonne question à se poser est : Est-ce que ma façon de vivre interpelle mes amis, mes collègues, ma famille qui ne connaissent pas Jésus ?
Est-ce qu’on remarque une différence dans ma manière de parler, dans mes choix, dans mes priorités ? Ou bien est-ce que je me fonds complètement dans le décor ?

Jérémie le dit clairement : si le dimanche je chante et célèbre Jésus, mais que dès le lundi je vis, parle et agis exactement comme tout le monde, sans aucun signe distinctif, c’est peut-être que mes frontières ont disparu. Comme dans Schengen, je passe d’un royaume à l’autre sans même m’en apercevoir.

Dieu nous invite à reprendre conscience de ces limites. Non pas pour nous enfermer, mais pour protéger notre cœur et notre témoignage.

Vivre dans le monde avec intégrité

Être dans le monde signifie que nous avons des engagements et des responsabilités dans la société où Dieu nous a placés. Cela implique de vivre avec honnêteté, droiture et un bon témoignage, même dans des domaines aussi terre-à-terre que l’argent, le travail ou les obligations administratives.

Exemple biblique : Jésus et l’impôt du temple (Matthieu 17:24-27)

À l’époque de Jésus, chaque homme de plus de 20 ans devait payer une taxe annuelle pour l’entretien du temple, équivalente à deux jours de salaire. Un jour, à Capernaüm, on demande à Pierre : « Ton maître ne paie-t-il pas les deux drachmes ? » Pierre répond : « Si, il les paie. »

Jésus explique alors que, techniquement, en tant que Fils de Dieu, Il n’est pas redevable de cet impôt. Pourtant, Il choisit de le payer « pour ne pas scandaliser ». Il envoie Pierre pêcher, et dans la bouche du premier poisson, Pierre trouve exactement la somme nécessaire pour eux deux.

Cet épisode nous enseigne plusieurs choses :

  • Même si, humainement, nous pourrions trouver des raisons d’éviter certaines obligations, nous choisissons de les honorer pour ne pas ternir notre témoignage.
  • Jésus utilise ce que Pierre sait faire (la pêche) pour pourvoir à leurs besoins. Dieu bénit et multiplie le fruit de notre travail.
  • Quand nous faisons équipe avec Jésus, même une situation impossible peut trouver une solution inattendue.

Obéir, même si cela paraît insensé

Pour Pierre, aller pêcher un poisson pour payer un impôt n’avait aucun sens. Mais il a obéi. Parfois, ce que Dieu nous demande semble fou ou décalé par rapport à notre logique. Pourtant, c’est en Lui faisant confiance que nous voyons Sa provision.

Dans nos vies, cela peut signifier :

  • Payer honnêtement ses impôts, même quand d’autres trichent.
  • Remplir ses engagements professionnels, même si personne ne regarde.
  • Tenir sa parole, même quand cela nous coûte.

Ce n’est pas toujours populaire, et cela peut même être mal compris. Mais c’est précisément là que notre différence se voit.

Vivre dans le monde avec intégrité, c’est refuser de céder aux compromis que « tout le monde » trouve normaux. C’est choisir de manifester la mentalité du Royaume de Dieu dans les petites comme dans les grandes choses.

Ne pas être du monde : rester pur dans un environnement corrompu

Être dans le monde, c’est inévitable. Mais ne pas être du monde, c’est un choix. Cela signifie refuser de laisser l’environnement dans lequel nous vivons influencer notre identité et nos valeurs.

Exemple biblique : Jésus à table avec les publicains (Marc 2:15-17)

Un jour, Jésus se retrouve à table dans la maison de Lévi, avec ses disciples, des publicains et des « gens de mauvaise vie ». À l’époque, les publicains (collecteurs d’impôts) étaient considérés comme des traîtres qui s’enrichissaient sur le dos de leurs compatriotes. Les « gens de mauvaise vie » désignaient souvent les prostituées et ceux qui les fréquentaient.

Pour les religieux de l’époque, la scène est scandaleuse : « Pourquoi mange-t-il avec eux ? »
Jésus répond simplement : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Présence sans compromis

Jésus n’était pas là pour valider leurs pratiques, mais pour leur annoncer la bonne nouvelle. Il savait poser des limites claires. Il ne participait pas aux excès de ces repas : ni ivresse, ni immoralité, ni arrangements douteux. Sa présence ne le faisait pas glisser dans le péché, parce que ses frontières spirituelles étaient connues, solides et étanches.

Cette image est forte : nous pouvons être au milieu d’un environnement où les valeurs de Dieu sont bafouées, sans en adopter la couleur. Comme un verre plongé dans de l’eau sale qui reste pur à l’intérieur, si nos frontières sont bien établies, elles nous protègent.

Influencer plutôt qu’être influencé

Être à la table des pécheurs ne veut pas dire pécher. Être au milieu des excès ne veut pas dire y participer. Si Dieu nous place dans un environnement difficile, c’est pour y porter Sa lumière, pas pour que nous soyons absorbés par l’obscurité.

Cela demande :

  • D’assumer que nos choix soient incompris.
  • D’accepter parfois le rejet ou les moqueries.
  • De rester fermes dans nos convictions, même si « tout le monde » pense autrement.

Jésus savait que sa mission valait plus que l’approbation des foules. Nous aussi, nous devons chercher l’approbation de Dieu avant celle des hommes.

Construire et renforcer ses frontières spirituelles

Vivre dans le monde mais ne pas être du monde demande de savoir où sont nos limites… et de les rendre suffisamment solides pour qu’elles tiennent dans la pression du quotidien.

Pressions sociales et fidélité à Dieu

Il est facile de proclamer ses convictions dans un cadre chrétien. Mais en dehors, la pression peut devenir intense : pression des amis, des collègues, de la famille, ou encore des réseaux sociaux.
Jérémie raconte que lorsqu’il était étudiant, il participait parfois à des soirées où tout poussait aux excès : alcool, drogue, immoralité. Dans ces contextes, il était moqué et mis à l’écart parce qu’il refusait de participer à certaines pratiques.

Ce n’était pas toujours simple, et il admet que ses frontières n’étaient pas aussi solides qu’aujourd’hui. C’est là que réside un défi pour chacun de nous : il est possible de connaître ses limites… mais de les voir céder si elles ne sont pas entretenues et fortifiées.

L’approbation de Dieu avant celle des hommes

Nous aimons tous être acceptés et appréciés. Mais suivre Jésus, c’est parfois choisir l’incompréhension ou la critique. La vraie question est : À qui veux-tu plaire en premier ?

Jésus a dit dans Matthieu 6:33 :

« Cherchez premièrement le Royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. »

Cela veut dire que notre sécurité ne vient pas de l’opinion des autres, mais de l’approbation de Dieu. Quand nos frontières reposent sur cette conviction, elles deviennent beaucoup plus solides.

Comment renforcer ses frontières

  • Prendre des décisions claires à l’avance : savoir dire « non » avant même d’être confronté à la situation.
  • Se rappeler chaque jour à qui nous appartenons.
  • S’entourer de personnes qui encouragent notre foi.
  • Être honnête avec Dieu dans la prière : « Montre-moi si mes limites se sont affaiblies, et aide-moi à les relever. »

Des frontières solides ne nous enferment pas, elles nous protègent. Elles nous permettent de vivre pleinement dans le monde tout en restant enracinés dans le Royaume.

Rester du bon côté de la frontière

Être dans le monde mais ne pas être du monde, ce n’est pas une simple posture spirituelle : c’est un engagement quotidien. C’est choisir de marcher du bon côté de la frontière, même lorsque personne ne nous regarde, même quand c’est coûteux, même quand c’est impopulaire.

Jésus a prié pour ses disciples en ces termes :

« Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal. » (Jean 17:15)

Il ne nous isole pas du monde. Il nous envoie au milieu de lui, mais avec un cœur, une pensée et des valeurs qui viennent du Royaume de Dieu.

Si, en te relisant, tu réalises que tes frontières spirituelles se sont affaiblies ou effacées, c’est le bon moment pour les redessiner. Redire à Dieu : « Je veux marcher selon tes principes. Montre-moi là où je dois dire non, et aide-moi à dire oui à ce qui est juste. »

Rappelle-toi : la frontière n’est pas géographique, elle est dans ton cœur. Elle protège l’œuvre de Dieu en toi, et elle rend ton témoignage vivant et crédible.

Reste du bon côté. C’est là que se trouve la joie véritable, celle que Jésus a promise :

« Afin qu’ils aient en eux ma joie, une joie complète. » (Jean 17:13)

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