Comment aimer Dieu en servant et prenant soin de son troupeau

par | 1 Sep 2025 | vie chrétienne

Temps de lecture : 6 minutes

Est-ce que vous aimez Dieu ?

Cette question, simple en apparence, révèle en réalité une vérité profonde dans notre marche spirituelle. L’amour que nous portons à Dieu se manifeste bien sûr par notre engagement à son service, par notre temps de louange et notre participation aux activités de l’église.

Mais ce n’est pas seulement cela. Il existe une autre marque, essentielle, de cet amour ; un appel clair et pressant de Jésus que je souhaite que nous comprenions ensemble aujourd’hui.

Je vous invite à méditer un passage puissant de l’Évangile selon Jean, chapitre 21, qui éclaire cet amour et ce qu’il signifie concrètement.

« Après le repas, Jésus s’adressa à Simon Pierre : Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ne le font ceux-ci ? Oui, Seigneur, répondit-il, tu connais mon amour pour toi. Jésus lui dit : Prends soin de mes agneaux. Puis il lui demanda une deuxième fois : Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? Oui, Seigneur, lui répondit Simon. Tu connais mon amour pour toi. Jésus lui dit : Nourris mes brebis. Jésus lui demanda une troisième fois : Simon, fils de Jean, as-tu de l’amour pour moi ? Pierre fut peiné car c’était la troisième fois qu’il lui demandait : « As-tu de l’amour pour moi ? » Il lui répondit : Seigneur, tu sais tout, tu sais que j’ai de l’amour pour toi. Jésus lui dit : Prends soin de mes brebis. » (Jean 21:15-17)

Le message ici est fort : « M’aimes-tu ? Oui ? Alors prends soin de mes brebis. »

Le contexte derrière l’appel de Jésus à Pierre

Pour bien saisir la force de cet appel, il faut se replacer dans son contexte.

Pierre vient de renier Jésus trois fois, un geste qui, aux yeux du monde, a brisé leur relation de confiance. Trois fois, il s’est détourné, trahissant celui qu’il aimait. Pourtant, Dieu ne garde aucune rancune. Jésus, dans son amour infini, offre à Pierre une nouvelle chance.

Nous sommes souvent très différents de Jésus dans nos réactions. Quand quelqu’un nous déçoit, nous avons tendance à garder le ressentiment, à nous méfier. Mais Jésus est un modèle. Son amour est patient, persévérant, et il est capable de pardonner même trois reniements successifs.

Imaginez Pierre, face à Jésus, qui lui demande trois fois : « M’aimes-tu ? » ! Ce triple questionnement aurait pu être perçu comme un rappel douloureux. Mais ce fut aussi un acte de confiance inouïe. Après chaque réponse positive, Jésus demande à Pierre de prendre soin de ses brebis, de son troupeau.

À travers cette scène, Jésus ne se contente pas de rétablir la confiance, il confie une responsabilité majeure à Pierre : veiller sur le peuple de Dieu.

Pourquoi prendre soin des autres est une preuve d’amour pour Dieu

Je vous avoue que, souvent, j’ai pu être moi-même décevant envers Dieu, par mes paroles, mes choix, mes manques. Et pourtant, chaque fois que Jésus me demande : « M’aimes-tu ? », il y a ce même appel vibrant : « Alors prends soin des miens. »

À nous aussi, Il fait confiance. Il nous confie sa famille, son église. Que ce soit ici à Bordeaux ou même en ligne, il nous met dans ses mains.

Alors, si aujourd’hui nous sommes en train de lire ces lignes, c’est parce que nous répondons oui à cette question : « M’aimes-tu ? » Et Jésus nous répète : « Alors prends soin de mon troupeau. »

Ce que prendre soin des brebis signifie concrètement

Pierre n’était pas un expert en théologie, en psychologie ni en relations humaines. Il n’avait pas fait d’études spécialisées. Ce qui fonde son ministère, c’est avant tout son amour pour Jésus.

C’est ce même amour qui doit nous animer dans tout ce que nous faisons dans l’église.

Cela signifie que nous ne devons pas agir simplement par obligation, ou parce que c’est inscrit dans notre planning. Servir pour servir n’a aucune valeur durable. Ce qui donne du sens à notre service, c’est de répondre à la vie de Jésus en nous. C’est de faire résonner son amour dans nos actes.

Prendre soin du troupeau, c’est s’intéresser aux personnes qui composent l’église autour de nous, les rencontrer, connaître leurs joies et leurs peines, être attentif à leurs besoins spirituels ou pratiques. C’est nourrir leur foi, les encourager, leur offrir du réconfort.

C’est cette dimension relationnelle qui doit guider notre engagement.

Amour et soin dépassent les intérêts personnels

Jésus nous étonne ici par la manière dont Il conçoit l’amour : « Si tu m’aimes, prends soin des miens », autrement dit, prends soin de ce qui est précieux à mes yeux, mais pas forcément ce qui t’apporte un bénéfice direct.

Combien de fois dans nos vies, l’amour est réduit à ce que nous pouvons recevoir, à ce qui nous profite directement ? Jésus nous invite à voir plus loin — à protéger ce que Dieu a déposé dans le cœur des autres.

Il y a environ 1400 personnes qui fréquentent notre église. Dieu a mis en chacune d’elles un espoir, une promesse, un rêve, un appel. Parce que nous aimons Jésus, nous sommes appelés à entretenir ces semences, à nourrir ces dons, à veiller à ce que la foi, la confiance et l’espérance grandissent.

Le résultat est profond : cela change complètement la dynamique et la mission de l’église.

L’importance de l’écoute et de la compassion dans notre service

Quand nous ne regardons que les tâches à accomplir, quand notre rapport aux autres est purement fonctionnel, nous faisons un grand tort.

Si quelqu’un traverse une période difficile – que ce soit dans sa famille, son travail, sa santé ou même dans ses pensées – et que nous ne le voyons pas, que nous ne cherchons pas à comprendre, nous risquons de blesser plutôt que de bâtir.

C’est la différence entre servir sans cœur et servir avec amour.

Au contraire, quand nous prenons le temps d’écouter, de protéger ce que Dieu a semé chez ceux qui nous entourent, alors nous offrons une chance de guérison, de croissance et d’accomplissement.

Regardez Pierre encore. Jésus n’a pas ignoré ses moments de doute, de peur ou de remise en question. Jésus a pris soin de ce qui avait été déposé dans son cœur. C’est ce qui a permis à Pierre de ne pas être éliminé, mais de grandir et d’être transformé.

Le pouvoir de la langue et de nos attitudes dans la vie de l’église

La manière dont nous communiquons, dont nous (*) accueillons, dont nous traitons les frères et sœurs est une question de vie ou de mort spirituelle.

La langue peut blesser ou guérir. Elle peut détruire ou construire. Mais si nous aimons Jésus, alors engageons-nous à ouvrir la porte de nos cœurs pour prendre soin des autres — dans la douceur, dans la vérité, avec patience.

Pierre, un exemple pour notre génération

Pierre, transformé par l’amour de Jésus, est devenu un leader d’impact, un prédicateur reconnu.

L’Église grandissait partout en Judée, Galilée et Samarie, plaçant sa foi en pratique sous la conduite du Saint-Esprit.

Voici un extrait qui montre comment Pierre, malgré un emploi du temps chargé, choisissait de s’arrêter pour prendre soin des personnes brisées :

« Dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, l’Eglise jouissait alors de la paix. Elle grandissait dans la foi, vivait dans l’obéissance au Seigneur, et s’accroissait en nombre, grâce au soutien du Saint-Esprit. Pierre, qui parcourait tout le pays, passa aussi chez ceux qui, à Lydda, appartenaient à Dieu. Il y trouva un homme du nom d’Enée qui n’avait pas quitté son lit depuis huit ans parce qu’il était paralysé. Enée, lui dit Pierre, Jésus-Christ te guérit, lève-toi et fais ton lit ! Il se leva aussitôt. Tous ceux qui habitaient le village de Lydda et la plaine de Saron le virent et se convertirent au Seigneur. » (Actes 9:31-35)

Ce témoignage révèle qu’un vrai impact se mesure aussi dans la capacité à tendre la main aux plus vulnérables.

L’engagement au service comme expression de l’amour pour Jésus

Pierre ne se contentait pas de prêcher ; il agissait. Il répondait présent pour ceux qui avaient besoin de réconfort, de guérison ou d’espérance. Le cas de Dorcas, qu’il ressuscita plus tard, illustre cette passion pour prendre soin des autres.

Notre service ne doit pas être une succession d’actions déshumanisées. Il doit être animé par le même amour qui a transformé Pierre.

Alors, prenons soin les uns des autres. Prenons des nouvelles, prions ensemble, encourageons-nous, aidons-nous. Ces gestes simples sont une preuve d’amour profonde qui honore Jésus.

Aimons Jésus en prenant soin les uns des autres

Aimer Jésus, ce n’est pas un simple sentiment ou un engagement vague. C’est une réponse active à son appel : prendre soin de son troupeau, cette famille qu’il a créée.

Cela demande du courage, de la patience, de la compassion. Cela demande que nous dépassions la simple exécution de tâches pour qu’à chaque fois que nous servons, nous témoignions de l’amour vivant de Christ.

Souvenons-nous toujours de cette parole : « M’aimes-tu ? », et répondons-lui par notre engagement sincère à prendre soin de nos frères et sœurs.

Aimons, servons, soutenons. Parce que nous aimons Jésus.

Amen.

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1 Commentaire

  1. Christian Pailler

    Jérémie, tu fais ce que tu prêches, c’est ce qui te rend précieux et proche des chrétiens de Providence et de celles qui sont au bénéfice de ton ministère

    Réponse

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