Les relations sont un élément capital dans notre vie, un pilier de notre quotidien. Les temps que nous vivons sont marqués par une forme de repli sur soi, par une forme d’isolement. On limite les contacts, on limite les échanges, on limite les relations, on limite les sorties pour diverses raisons. Je comprends qu’il faille parfois se protéger et protéger les autres. Ceci étant, nous devons comprendre l’importance fondamentale des relations. Elles sont essentielles à la vie.
Le plan divin pour les relations humaines
Quand on lit la Bible, dans le livre de la Genèse, dès le commencement, toutes les fois que Dieu crée quelque chose, il termine en disant « c’est bon ».
Il crée la lumière, Il dit c’est bon. Il crée la mer et la terre, Il dit c’est bon. Il crée les animaux, c’est bon, etc.
Et puis il crée l’homme, Adam, et Il va dire « c’est très bon ». Il marque son appréciation, c’est très bon. À ce moment-là, Dieu est en communion avec Adam. L’un et l’autre se parlent, ils vivent une relation qui dépasse notre entendement. Le péché n’existe pas, la maladie n’existe pas, le mal n’existe pas, la mort n’existe pas. Tout est juste parfait.
Et dans ce contexte exceptionnel, Dieu va prononcer cette phrase que l’on trouve dans Genèse:
L’Eternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide qui soit son vis-à-vis. (Genèse 2:18)
C’est très intéressant de comprendre ce passage. C’est la première fois que Dieu dit que quelque chose n’est pas bon dans un contexte où tout est bon, parfait. Ça concerne le fait d’être seul sur la terre, ça concerne l’absence de relation avec nos semblables.
Le principe d' »Ezer » : l’aide divine à travers la communauté
Comprenez ceci : Dieu n’est pas pris au dépourvu. « Mince, j’avais pensé à tout et j’ai oublié de faire quelqu’un pour Adam ». Il ne s’agit pas de ça ici. Dieu avait un plan.
Dieu déclare un grand principe de vie : ce n’est pas bon d’être seul.
Et j’ajouterai : même quand on est dans le jardin d’Eden, même quand on est en totale et parfaite communion avec Dieu, même quand on est spirituel, même quand on ne pèche pas, même quand on est très proche de Dieu.
Quand on y regarde de plus près, on réalise que Dieu n’a pas, premièrement, créé une épouse à Adam. Il a créé une aide, un secours, un vis-à-vis. C’est le sens du mot hébreu dans le texte.
Le mot aide, c’est le mot « Ezer » qui est traduit donc par aide, mais aussi par secours, par le fait de secourir. Ce mot, Ezer, est employé très souvent dans la Bible quand il est question de Dieu lui-même, par exemple dans le Psaume 33 quand il est dit au verset 20 :
Notre âme espère en l’Eternel, Il est notre Ezer, notre secours.
Dieu savait que nous avions besoin d’un vis-à-vis, de gens qui soient notre secours et pour qui nous serions un secours. Mais pas n’importe quel secours, un Ezer, quelqu’un qui porte la marque de Dieu, qui est un secours qui nous parle de Dieu.
Le fondement biblique de la communauté chrétienne
Je crois que c’est le fondement de la communauté des croyants, des gens qui sont redevables, qui s’entraident, qui se secourent les uns et les autres, qui dépendent les uns des autres. Eden n’aurait pas été parfait sans que l’homme ait pu bâtir des relations. Sans que l’homme ait pu se construire avec un vis-à-vis, dans lequel il y avait la marque, la présence, la pensée de Dieu.
Avant même de parler de relation de couple, de mariage, l’homme avait besoin d’apprendre à bâtir une relation avec un vis-à-vis, avec un secours. Il devait comprendre ses propres limites et son besoin relationnel.
Dieu nous a créés à Son image, et Dieu est une communauté à Lui tout seul: Père, Fils et Saint-Esprit. Il nous veut en communion avec Lui, mais aussi en communion les uns avec les autres.
Dans la pensée de Dieu, dans le projet de Dieu, il y a l’autre, celui avec qui je bâtis une communauté. Le mariage n’étant que l’aboutissement ultime de la relation. Mais avant ça, il y a le fait de travailler les relations, il faut travailler la communauté.
La communauté rend l’impossible possible
Les plus spirituels d’entre vous me diront « non, c’est Dieu qui rend l’impossible possible » et vous aurez raison. Mais Dieu utilise la communauté pour rendre l’impossible possible.
Moïse sans Aaron, Uhr, Josué et l’armée, n’aurait pas eu de victoire contre Amalek.
Moïse sans Betsaleel et Oholiab n’aurait pas pu construire le sanctuaire. Sans les offrandes de la communauté, le projet n’aurait pas abouti.
Néhémie sans la communauté des croyants n’aurait jamais réussi à rebâtir les murailles de Jérusalem.
Josué, si sa communauté ne lui disait pas « nous ferons tout ce que tu as ordonné et nous irons partout où tu nous enverras », ils n’auraient pas conquis le pays promis.
Jésus sans les pains et les poissons du jeune homme de la communauté n’aurait pas pu nourrir la foule.
Les apôtres sans les diacres, les serviteurs au sein de la communauté n’auraient pas pu se consacrer à leur mission et répandre l’évangile comme ils l’ont fait.
Le modèle de l’église primitive : une communauté puissante
Dans le livre des Actes, au chapitre 2, il y a un passage qui nous enseigne ceci :
Les disciples persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. … Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés. (Actes 2:42, 46-47)
C’est l’histoire de la première église. Un temps de grâce, de faveur, de bénédiction particulière sur cette première communauté, où tout semblait possible.
Oui, Dieu était aux commandes, les apôtres étaient là, ils exerçaient un super ministère, mais la communauté était ensemble, dans le temple et dans les maisons, ils se servaient les uns les autres, répondaient aux besoins les uns des autres, et tout devenait possible.
C’est comme s’il n’y avait plus de limite.
La puissance de l’unité dans l’action
Quand on a fait l’agrandissement à l’église, j’ai vu des hommes et des femmes rendre le rêve, la vision, le plan possible. Ils étaient là pour travailler, prenaient du temps, des congés, des RTT pour la construction.
On avait un mur avec des papiers qui symbolisaient des briques et chaque don permettait d’ajouter une brique. Et certains ont mis leurs finances au service de la communauté. C’est la communauté qui a rendu l’agrandissement possible.
Chaque semaine, les bénévoles de la communauté rendent les célébrations possibles, les musiciens, techniciens, et chanteurs rendent les temps de louange possibles, les caméramans et réalisateurs rendent la diffusion possible, les professeurs rendent les cours possibles.
La communauté rend ce qui nous est impossible possible pour que toute la communauté soit bénie et voit la main de Dieu au milieu d’elle.
La communauté t’apporte du secours
Deuxièmement, la communauté t’apporte du secours. Les premiers chrétiens vivaient leur foi dans le temple et dans les maisons.
Dans les maisons, on s’édifiait, on s’encourageait, on témoignait de ce que Dieu avait fait, on échangeait les uns avec les autres.
Mais également on priait les uns pour les autres, on se portait secours de cette manière-là aussi. La prière est nécessaire à la vie de la communauté.
La prière communautaire : une force libératrice
On le voit dans le cas de l’emprisonnement de Pierre dans Actes 12. Pierre va vivre une expérience incroyable. Il est emprisonné, gardé par 4 compagnies de 4 gardes chacune. En gros, 16 personnes sont mandatées pour le surveiller dans l’attente de son procès. Il a des chaînes aux poignets.
Et la Bible nous dit dans Actes 12:5:
L’Église ne cessait d’adresser des prières à Dieu.
Au milieu de la nuit, le miracle prend place, une grande lumière réveille Pierre, un ange vient le sortir de là, ses chaînes tombent, il se retrouve dehors et que fait Pierre à ce moment-là ?
Après avoir réfléchi, Pierre se dirigea vers la maison de Marie, mère de Jean, où beaucoup de personnes étaient réunies et priaient. (Actes 12:12)
La communauté priait pour Pierre et Pierre a vécu le miracle. Mes amis, il y a des choses qui ne changent pas : quand la communauté se rassemble pour prier, Dieu opère des miracles.
L’impact des petits groupes dans la vie des croyants
À l’église, nous avons mis en place des groupes extensions. Ces groupes sont une extension de l’église dans les maisons. On s’y retrouve la semaine pour échanger, s’encourager, témoigner, affermir notre connaissance et surtout prier pour les besoins les uns des autres.
Voici quelques témoignages pour vous montrer ce qui se passe dans ces groupes :
« Je remercie Dieu pour mon groupe extension, cette année, je suis passé par un temps de découragement et de doute. Je ne savais plus si Dieu m’aimait, s’il était encore avec moi. Ce qui m’a tenu dans la foi, c’est mon groupe. Les prières en ma faveur ont amené un changement dans mon coeur, je n’ai pas décroché, Dieu m’a fortifié, plus que jamais j’aime les personnes dans ce groupe, je leur dois beaucoup.«
« Dieu m’a secouru, j’étais sans travail, et sans travail, je ne pouvais pas subvenir à mes besoins pour le temps de mes études. Mon groupe a prié pour moi. Parfois j’étais désespéré, j’ai souvent eu de faux espoirs, mais ils ont toujours été bienveillants. J’ai obtenu un travail, et je sais que c’est une réponse à la prière. Sans le soutien du groupe, je me serais enfoncé dans le découragement et j’aurais abandonné.«
« Nous remercions Dieu pour notre groupe qui a prié pour nous, pour notre famille et notamment notre fille. Elle ne voulait plus entendre parler de Dieu, et cet été un déblocage s’est opéré. On est convaincu que la prière de nos frères et soeurs a produit le miracle dans son coeur.«
« Mon groupe, c’est comme une famille. On se soutient, on prie les uns pour les autres, on ne se sent jamais seul, et chacun prend sa part. Un message par ici, une invitation par là, un témoignage, et ensemble on va de l’avant« .
La communauté apporte du secours. C’est une bénédiction de se retrouver en petits groupes pour vivre ce que nous entendons prêcher chaque dimanche.
La communauté qui prie permet au miracle de prendre place au milieu d’elle. Elle participe à la réponse à ses propres besoins.
La protection divine à travers la communauté
Un autre passage, moins connu mais tout aussi fort, dans le premier livre de Samuel, Jonathan va être secouru, il va échapper à une mort certaine. Comment ?
Le peuple dit à Saül : Quoi! Jonathan mourrait, lui qui a opéré cette grande délivrance en Israël ! Loin de là ! L’Eternel est vivant ! il ne tombera pas à terre un cheveu de sa tête, car c’est avec Dieu qu’il a agi dans cette journée. Ainsi le peuple sauva Jonathan, et il ne mourut point. (1 Samuel 14:45)
Quand la communauté se mobilise, cela peut sauver des vies. Je le résumerai de cette manière : « Quand la communauté prie, le destructeur ne peut plus rien contre toi. »
La communauté te redonne courage
Troisièmement, la communauté te redonne courage. J’aime ce passage dans le livre des Actes où Paul est en voyage pour aller à son procès à Rome.
Le récit est juste hallucinant. On le trouve dans Actes, chapitre 27. Paul part avec des militaires pour l’Italie, le voyage est compliqué : les vents sont contraires, ils font naufrage, ils perdent leur cargaison et donc leurs provisions, ils se retrouvent à la dérive en pleine mer sans rien manger pendant 14 jours, ils arrivent sur une île où il pleut, il fait froid, ils sont trempés, entourés de gens qui ne parlent pas leur langue, Paul se fait mordre par un serpent, les gens pensent que c’est un criminel mais finalement il ne meurt pas donc on pense que c’est un dieu, alors on l’emmène prier pour un malade, ça marche tellement fort, qu’on lui amène tous les malades de l’Île et il finit par rester 3 mois sur place avant de pouvoir repartir, pour aller à son procès…
Le renouvellement du courage par la présence des frères
Paul devait être épuisé de ce voyage, de cette situation, et il aspirait certainement à autre chose. Et arrive le verset 15 du chapitre 28, verset magnifique :
De Rome vinrent à notre rencontre, jusqu’au Forum d’Appius et aux Trois Tavernes, les frères qui avaient entendu parler de nous. Paul, en les voyant, rendit grâces à Dieu, et reprit courage. (Actes 28:15)
Paul, en les voyant, rend grâce à Dieu, il remercie, il bénit Dieu, il loue Dieu et il reprend courage. Le fait de voir des gens qui partagent notre foi, notre mission, notre appel nous pousse à louer Dieu et nous redonne courage. C’est la puissance de la communauté.
J’ai noté ceci : « les relations ne changent pas la destination, mais le voyage qui te mène à destination« .
L’impact des relations sur notre parcours spirituel
Je me souviens, il y a quelques années, j’ai été invité à prêcher à Nashville aux États-Unis. Quand t’es pasteur et musicien, prêcher à Nashville, un emblème mondial de la musique, c’est génial. Alors Nashville c’était la mission, la destination.
Pour y aller depuis Bordeaux, il faut faire : Bordeaux-Paris, Paris-Atlanta, Atlanta-Nashville. Ce voyage se fait en 19h.
Mais cette année-là, fin août, l’ouragan Irma a modifié le plan. J’étais dans l’avion qui devait me mener à Atlanta, quand le commandant de bord a fait une annonce.
« On ne va plus à Atlanta, on va ailleurs. Bonne chance. »
Je savais que j’avais une correspondance, un vol qui devait me mener d’Atlanta à Nashville. Et là, je me retrouve dans un aéroport je ne sais pas où, et je ne sais pas comment je vais réussir à me rendre à Nashville.
Et puis me voilà débarqué dans un aéroport, je n’ai pas de réseau, impossible de joindre mon ami qui doit venir me récupérer à Nashville. Comment vais-je faire ?
Je cherche un vol, tout est plein, tout est compliqué, ça fait déjà 18h que je suis parti de la maison, je ne sais plus quelle heure il est, dans quel fuseau horaire on est, si c’est le matin ou le soir.
Bref, j’arrive à trouver un vol avec une compagnie kamikaze, je monte dans l’avion, et direction Nashville. Nashville à ce moment-là, n’est pas dans l’ouragan mais en bordure de l’ouragan. Donc on peut voler, mais il faut accepter les rafales de vents, les turbulences, la pluie qui frappe l’avion.
Je n’exagère pas : c’est la première fois de ma vie que les gens prient à voix haute dans un avion, poussent des cris, pleurent, se cramponnent à leur siège ou leur voisin, première fois que le personnel est attaché tout le temps du vol.
Quand on fait un grand voyage en avion, il est de coutume d’applaudir le pilote à la fin. Là, quand l’avion s’est posé, le pilote a eu une standing ovation, les gens n’applaudissaient pas, ils se cassaient les mains pour dire merci…
Bref, de la folie… J’arrive à l’aéroport avec plus de 5 heures de retard, sans avoir pu prévenir personne. Je suis dégoûté, fatigué, je me demande comment je vais faire, alors je récupère mes bagages, je passe les douanes, j’arrive dans la zone d’accueil, et là, je découvre cette équipe qui m’attend depuis plus de 5 heures, avec un sourire, des pancartes, et plein de joie. Ils sont restés 5h sur place à guetter les arrivées juste pour m’accueillir.
À ce moment précis, j’ai loué Dieu et j’ai repris courage… Ça a été une mission formidable, parce que les relations, les gens, ne changent pas la destination, la mission, mais le voyage pour se rendre à destination.
La communauté te redonne courage.
Une vision biblique de la communauté comme corps
J’aimerais terminer ce message en soulignant l’importance que Dieu accorde à la communauté et la bénédiction qu’il déverse sur elle.
Voyez-vous, j’ai commencé ce message en vous parlant de ce que Dieu avait créé. C’est Dieu qui a dessiné le corps humain, qui a raisonné son fonctionnement et c’est juste magnifique de voir comment le corps fonctionne, comment tout est prévu, et sa capacité même à engendrer la vie.
Et bien Dieu compare la communauté à un corps. On lit ça dans 1 Corinthiens 12:27:
Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.
La communauté est une image du corps de Christ. Donc la communauté forme un tout. Chaque membre du corps a sa fonction, son utilité, et tous les membres du corps ont besoin les uns des autres.
Libérer la bénédiction que tu es pour les autres
Il n’y a rien dans notre corps qui ne serve à rien. Quand un membre est hors du corps humain, c’est qu’il est mort. Tout en nous est une bénédiction pour l’ensemble. Et cette réalité naturelle illustre un principe spirituel. Nous avons besoin de vivre le principe de la communauté, c’est là que Dieu envoie la bénédiction.
Parce que chaque membre est une bénédiction pour la communauté. TU es une bénédiction pour la communauté. Et cette bénédiction est libérée quand tu te poses les questions suivantes :
- Pour qui puis-je rendre l’impossible possible ?
- Pour quelles situations dans la vie de quelles personnes puis-je prier ?
- À qui vais-je redonner courage ?
Je t’invite à dire à Dieu : « Je veux bâtir des relations saines, solides, bénissantes en libérant la bénédiction au milieu de la communauté. Je veux prier pour la communauté, je veux rendre l’impossible possible. »
Je ne veux pas rester isolé, je veux rester attaché. Des gens de ma communauté dépendent de moi, et je dépends des gens de ma communauté.

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