En bref — On ne peut pas fabriquer la foi à la force du poignet : elle est un don de Dieu, et Jésus en est l’auteur. Mais on peut la nourrir. Pour augmenter sa foi, commence par la prière des disciples, « Augmente-nous la foi » (Luc 17:5), puis retourne à la source : la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ (Romains 10:17). Lis la Bible chaque matin, note tes questions, cherche Dieu avec passion, parle avec Lui et pas seulement de Lui, et ne marche pas seul. La foi grandit comme un arbre : lentement, mais sûrement, quand ses racines vont vers l’eau.
Il y a des saisons où la foi ressemble à une plante oubliée sur un balcon en plein été. Tu pries, mais les mots tombent à plat. Tu ouvres ta Bible, et rien ne te parle. Tu vas à l’église, tu chantes, et tu te demandes ce que tu fais là. Alors une question monte en toi : comment augmenter sa foi ?
Je veux d’abord te rassurer. Ce n’est pas une question de « mauvais chrétien », c’est une question de disciple. Les hommes qui marchaient avec Jésus tous les jours se la sont posée avant toi.
Et si tu n’es pas croyant, cet article est aussi pour toi.
Hébreux 11:6 : pourquoi la foi compte autant
Commençons par le verset qui pose les bases. Il est court, mais il dit beaucoup :
Or sans la foi il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. (Hébreux 11:6)
Lu trop vite, ce verset peut faire peur. Mais regarde-le dans l’autre sens. Si sans la foi c’est impossible, alors avec la foi, c’est possible. Avec la foi, nous Lui plaisons. Avec la foi, nous pouvons nous approcher de Lui.
Ce verset n’est pas une barrière. C’est une porte ouverte.
Deux choses à croire, pas plus
L’auteur de l’épître aux Hébreux résume la foi en deux convictions. La première : Dieu existe. La seconde : Il récompense ceux qui Le cherchent.
La première, beaucoup de gens l’ont, au moins vaguement. La seconde change tout. Elle dit que Dieu n’est pas une idée lointaine, mais quelqu’un qui répond et qui se laisse trouver par ceux qui Le cherchent. On y revient plus bas, parce que tout se joue là.
« Seigneur, augmente notre foi » : même les disciples l’ont demandé
Il y a un moment de l’Évangile que j’aime particulièrement. Jésus vient de parler à Ses apôtres d’un pardon sans limite, et ils réalisent qu’ils n’y arriveront pas seuls :
Les apôtres dirent au Seigneur : Augmente-nous la foi. (Luc 17:5)
Prends un instant pour mesurer ça. Ces hommes avaient tout laissé pour suivre Jésus. Ils Le voyaient chaque jour, L’avaient vu guérir des malades et calmer la tempête. Et pourtant, cela ne suffisait pas. Ils peinaient à garder une foi totale.
Ça paraît fou. Et ça devrait nous faire du bien, nous qui n’avons pas Jésus physiquement à nos côtés.
Alors si eux ont eu besoin de faire cette prière, nous aussi, nous pouvons l’assumer. Sans honte. En chemin, et aussi souvent que nécessaire. Moi-même, j’ai prié « Seigneur, augmente ma foi » de nombreuses fois.
La réponse de Jésus : un grain de moutarde
Regarde ce que Jésus répond juste après :
Et le Seigneur dit : Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à ce sycomore : Déracine-toi, et plante-toi dans la mer ; et il vous obéirait. (Luc 17:6)
Le sénevé, c’est la moutarde, une graine minuscule. Jésus ne réclame pas une foi énorme. Il dit : même petite, une foi vivante a une puissance incroyable. Le problème n’est pas la taille de ta foi. C’est Celui en qui elle est placée.
Une petite foi en un grand Dieu vaut infiniment plus qu’une grande foi en soi-même.
La foi se reçoit avant de se travailler
Avant de parler de méthode, je veux poser un fondement. Tu ne fabriques pas ta foi. Elle ne sort pas de ta volonté comme un muscle qu’on gonfle à la salle. La Bible le dit clairement : le salut vient « par le moyen de la foi », et cela « ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éphésiens 2:8).
Et l’épître aux Hébreux nous invite à garder les yeux fixés sur Jésus :
… ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi … (Hébreux 12:2)
Le chef ouvre la marche et fait naître la foi. Le consommateur la mène jusqu’au bout. Jésus est l’auteur de notre foi : Il commence, Il termine. Ça enlève une sacrée pression.
Parler avec Lui, pas seulement de Lui
Si la foi vient de Jésus, elle grandit dans la relation avec Lui. Or on peut passer des heures à parler de Dieu sans jamais Lui parler à Lui.
Je crois profondément que la confiance naît de la connaissance. On ne fait pas confiance à un inconnu. Avec Jésus, plus je passe de temps avec Lui, plus je découvre qu’Il dit ce qu’Il fait et qu’Il fait ce qu’Il dit. Plus je Le connais, plus j’ai confiance. Plus j’ai confiance, plus j’ai envie de Le suivre.
Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. (Hébreux 4:16)
Avec assurance, pas en rasant les murs. S’Il voulait notre perte, Il ne nous aurait pas attirés à Lui.
Augmenter sa foi par la Parole : il n’y a pas de raccourci
Un jour où je priais encore pour que ma foi grandisse, le Seigneur m’a rappelé ce verset :
Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. (Romains 10:17)
Ce jour-là, j’ai compris une chose simple et un peu dérangeante : il n’y aura aucun raccourci. Pour augmenter sa foi, les podcasts ne suffiront pas. Mes livres non plus. Les meilleurs prédicateurs du monde sur YouTube non plus. Ce sont de belles aides, mais rien ne remplace le moment où toi, personnellement, tu ouvres la Bible.
La Bible comme une carte au trésor
Je te propose de changer de regard sur ta Bible. Pas un manuel scolaire, pas un devoir à cocher. Une carte au trésor. Ouvre-la avec la curiosité d’un enfant à qui on vient de confier une vraie carte, avec des croix, des chemins et des secrets à découvrir.
Chaque fois que tu comprends quelque chose de nouveau sur Dieu et sur Sa volonté, considère que c’est un trésor. Les changements qu’Il te demande deviennent alors des bénédictions, plus des contraintes.
Un rendez-vous chaque matin
Concrètement, commence chaque journée par la Parole. Pas forcément une heure. Un passage, lu vraiment. Un plan de lecture de la Bible, le chapitre d’où vient le verset du jour sur une application biblique, ou une autre méthode : peu importe le moyen. Ce qui compte, c’est la régularité : chaque jour, pour que ta foi augmente.
Quand j’ai appris la guitare, à douze ans, je n’avais ni prof ni tutoriel. J’avais des magazines, des doigts qui me faisaient mal, et je jouais tous les jours. C’est la répétition patiente qui m’a fait progresser, pas les grands élans d’un soir. La foi fonctionne de la même manière.
Note ce que tu ne comprends pas
Tu vas tomber sur des passages obscurs. C’est normal. Garde un carnet et écris tes questions. Puis va en parler à ton pasteur, ou à un chrétien plus avancé que toi. Et si tu n’as pas d’église, choisis d’en fréquenter une. Pas pour cocher une case, mais pour avoir un endroit où poser tes questions et grandir avec d’autres.
Chercher Dieu comme un enquêteur
Revenons à Hébreux 11:6 et à ce petit mot : « ceux qui le cherchent ». Dans le texte grec original, le verbe est ekzeteo. Il se traduit par chercher, mais aussi par scruter, implorer, mendier, faire des investigations.
Ça m’évoque un enquêteur penché sur un dossier. Il revient sur les détails, il pose des questions, il ne lâche pas tant qu’il n’a pas trouvé. Pas une vague démarche religieuse, donc. Une quête. Le désir d’en apprendre un maximum sur Celui qu’on aime.
« Quelle est Ta volonté, Seigneur ? »
Une manière très concrète de chercher Dieu, c’est de Lui poser une question simple, dans chaque domaine de ta vie : « Quelle est Ta volonté, Seigneur ? »
Dans ton couple, ton travail, ton argent, tes relations difficiles. Pose la question, puis va chercher la réponse dans Sa Parole et dans la prière. Puisque Dieu est bon, Sa volonté est bonne. Pas besoin d’obéir en traînant les pieds ou en boudant.
Une récompense, oui, mais laquelle ?
Le verset promet une récompense. Elle n’est pas d’abord matérielle ou financière, même si Dieu pourvoit à nos besoins. Elle n’est pas honorifique non plus : on ne cherche pas Dieu pour briller plus que les autres ou étaler sa science.
Cette récompense n’est pas une médaille. Elle est spirituelle. Elle est logée quelque part dans l’être intérieur : une paix, une assurance, une joie qui ne dépendent plus des circonstances.
Nourrir sa foi au quotidien, et pas tout seul
La Parole est la nourriture principale. Mais la foi se nourrit aussi d’autres façons, que la Bible nous donne et que j’essaie de vivre.
Il y a la louange : chanter la bonté de Dieu, même quand on ne la ressent pas encore, nous fait regarder à Lui plutôt qu’à nos problèmes. Il y a la prière : pas un discours parfait, une conversation, doutes compris.
Et il y a la communion fraternelle, c’est-à-dire la vie partagée avec d’autres chrétiens. Des gens imparfaits comme moi, mais qui veulent progresser, comme moi. Quand ta foi est à plat, la foi des autres peut te porter un moment. Demande-leur : « Comment as-tu vu Dieu agir dans ta vie ? » Leurs histoires nourriront la tienne.
Ce que j’ai appris quand j’ai dû vivre par la foi
J’ai grandi dans une famille chrétienne, mais pendant longtemps, Jésus m’a semblé abstrait. Puis, adolescent, il y a eu ce dimanche après-midi à Dunkerque, au premier étage de l’église, dans une simple réunion de jeunes. On nous a enseigné ce qu’est le baptême du Saint-Esprit, puis on nous a invités à répondre. J’ai dit oui, tout de suite. Un moment doux et puissant à la fois. J’étais comme « scellé » dans la foi. Il y a eu un avant et un après, et personne ne pourra jamais m’en faire douter.
Des années plus tard, ma foi a été mise à l’épreuve d’une autre façon. En 2020, après un temps de jeûne et de prière, Dieu m’a poussé à me mettre au service de toutes les églises qui me solliciteraient. L’église où j’étais salarié ne pouvait pas payer un pasteur absent : il fallait accepter de vivre par la foi. Je n’en avais aucune envie particulière, mais j’avais besoin d’une promesse, et je l’ai reçue :
Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. (Hébreux 10:23)
Six ans plus tard, nous n’avons manqué de rien. Pas toujours comme je l’imaginais, mais jamais Il n’a fait défaut. J’en parle plus longuement dans mon livre Suis-moi. Ce que j’en retiens pour toi, c’est ceci : Jésus n’est pas une ressource parmi d’autres. Il est la source. Et la foi ne consiste pas à avoir confiance en sa propre foi, mais à faire confiance à Celui qui promet.
De gloire en gloire : le cercle vertueux de la foi
L’apôtre Paul utilise une expression que j’aime beaucoup :
Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’esprit. (2 Corinthiens 3:18)
De gloire en gloire. Pas d’un coup. La foi grandit comme un vrai arbre, saison après saison.
Et j’ai découvert que c’est un cercle vertueux. Plus je comprends ce que Dieu propose, plus j’ai envie de le vivre. Plus je le vis, plus je le comprends. Et plus je le comprends, plus je Le cherche. La victoire a bon goût. Le progrès a bon goût. La paix a bon goût.
Si tu te sens sec, ne cherche pas à sauter au sommet. Fais un tour de cercle : un passage lu demain matin, une prière honnête. Puis un autre tour. C’est ainsi qu’on finit par augmenter sa foi, sans même s’en rendre compte.
Un arbre planté près des eaux
Le prophète Jérémie décrit l’homme qui fait confiance à Dieu avec une image qui parle directement à ceux qui traversent une période sèche :
Béni soit l’homme qui se confie dans l’Éternel, et dont l’Éternel est l’espérance ! Il est comme un arbre planté près des eaux, et qui étend ses racines vers le courant ; il n’aperçoit point la chaleur quand elle vient, et son feuillage reste vert ; dans l’année de la sécheresse, il n’a point de crainte, et il ne cesse de porter du fruit. (Jérémie 17:7-8)
Remarque : la sécheresse arrive quand même. Mais ses racines vont chercher l’eau plus profond, alors il reste vert.
Voilà comment augmenter sa foi. Pas en attendant que la saison change, mais en étendant tes racines vers le courant : la Parole, la prière, la louange, l’église. Alors commence ce soir par la prière la plus simple qui soit : « Seigneur, augmente ma foi. » Et demain matin, ouvre ta carte au trésor. Un jour à la fois, un jour avec foi.

Pour aller plus loin : Suis-moi, et je ferai de toi…
Dans mon nouveau livre, je développe tout cela en dix chapitres simples et concrets, avec mon propre parcours et des versets pour avancer. Parce que Jésus n’a pas fini avec toi.
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Questions fréquentes
Est-ce un péché de douter de Dieu ?
Douter n’est pas un péché en soi. C’est souvent le signe d’une foi qui se pose des questions et qui cherche à grandir. Les disciples ont douté, et Jésus ne les a pas rejetés. Un père, dans l’Évangile de Marc, a même crié à Jésus : « Je crois ! viens au secours de mon incrédulité ! » La question n’est pas d’avoir des doutes, mais de savoir quoi en faire : les apporter à Dieu, chercher des réponses dans la Bible et en parler.
Quelle prière faire pour augmenter sa foi ?
La plus simple est celle des apôtres : « Augmente-nous la foi » (Luc 17:5). Tu peux la dire avec tes mots : « Seigneur, je crois, mais ma foi est faible. Augmente ma foi. Donne-moi de Te connaître davantage et de Te faire confiance. » Il n’y a pas de formule magique. Dieu regarde la sincérité du cœur. Accompagne cette prière d’une lecture régulière de la Bible, puisque la foi vient de ce qu’on entend.
Que signifie avoir la foi comme un grain de moutarde ?
Jésus compare la foi à une graine de moutarde, l’une des plus petites semences connues à Son époque. Il veut montrer que la puissance de la foi ne dépend pas de sa taille, mais de Dieu en qui elle est placée. Une foi minuscule, mais réelle et vivante, peut accomplir de grandes choses. C’est une invitation à ne pas se décourager quand on se sent « petit » dans sa foi, et à faire confiance malgré tout.
Combien de temps faut-il lire la Bible par jour pour grandir dans la foi ?
Il n’existe pas de durée imposée. La régularité compte davantage que la quantité. Mieux vaut lire un chapitre chaque matin, avec attention, qu’avaler dix chapitres une fois par mois. Un plan de lecture ou le chapitre lié au verset du jour sont de bons points de départ. Note ce que tu ne comprends pas et parles-en à ton pasteur. Avec le temps, ce rendez-vous quotidien devient une vraie nourriture pour l’âme.
Que faire quand on se sent loin de Dieu ?
Commence par te rappeler que ce que tu ressens ne dit pas tout de la réalité : le silence de Dieu ne signifie pas Son absence. Puis fais un pas simple vers Lui : une prière honnête, un passage des Évangiles, un chant de louange. Ne reste pas isolé, parle à un chrétien de confiance ou retourne à l’église. Jésus est fidèle, même quand notre foi vacille. Il t’attend, et Il se laisse trouver par ceux qui Le cherchent.

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