Faut-il tout quitter pour suivre Jésus ? La vraie réponse

par | 12 Oct 2026 | vie chrétienne

Temps de lecture : 10 minutes

En bref — Non, suivre Jésus ne veut pas dire que tout le monde doit démissionner, vendre sa maison ou tourner le dos à sa famille. Jésus ne demande pas à chacun de quitter son métier, mais Il pose à chacun la même question : es-tu prêt à tout quitter s’Il te le demandait ? Quand Il parle de « haïr » son père et sa mère en Luc 14:26, Il ne demande pas d’arrêter d’aimer les siens, mais de ne jamais les préférer à Lui. L’exigence est réelle, mais elle vient de quelqu’un qui t’aime et qui tient parole.

Peut-être que tu es tombé sur ce verset et qu’il t’a glacé le sang. « Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère… » Ou bien tu lis l’histoire de Pierre et André qui lâchent tout, d’un coup, et tu te demandes : faut-il vraiment tout quitter pour suivre Jésus ? Mon travail, mes projets, ma sécurité ?

Soyons honnêtes : ces textes dérangent. Moi aussi. Et si tu n’es pas chrétien, ils ont peut-être confirmé tes soupçons sur une foi qui couperait les gens de leur vie.

Je veux te répondre franchement, sans adoucir ce que Jésus a dit, mais sans te charger d’un fardeau qu’Il ne t’a jamais demandé de porter.

Ce que signifie « ils laissèrent leurs filets »

Tout part d’une scène au bord du lac de Galilée. Deux frères, Simon Pierre et André, sont en plein travail. Jésus passe et leur lance une invitation.

Il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent. (Matthieu 4:19-20)

On a une vieille expression pour ça : ils ont « rendu leur tablier ». Ils ont quitté leur emploi sur-le-champ.

Mais ces filets n’étaient pas un simple outil. C’était leur métier, leur entreprise familiale, les attentes de leur entourage. Et surtout l’assurance de pouvoir manger, se loger, payer leurs impôts : des besoins tout à fait légitimes.

Ces hommes n’ont pas lâché un hobby, mais leur sécurité.

Le travail n’est pas l’ennemi de la foi

Attention à ne pas en tirer une conclusion trop rapide. La Bible ne méprise pas le travail. Dieu a donné six jours pour faire son ouvrage et un pour se reposer. Travailler, c’est un commandement biblique, pas une distraction spirituelle.

Je suis convaincu d’une chose : on peut suivre Jésus tout en gardant son métier. C’est même une très bonne nouvelle pour la grande majorité d’entre nous.

Faut-il quitter son travail pour Dieu ?

Quand Jésus m’a appelé à Son service, j’étais conseiller financier dans une banque. Ça marchait fort pour moi. Je venais de signer pour une promotion, avec de belles perspectives de responsabilités et de salaire. J’étais marié depuis quelques années seulement, j’avais deux enfants en bas âge et des crédits sur le dos.

Franchement, ce n’était pas le bon moment. C’est justement pour ça que je ne m’y attendais pas du tout.

Alors est-ce que je te dis de refermer cet article et d’écrire ta lettre de démission ? Absolument pas. Nous ne sommes pas tous appelés à cela. Mon histoire est la mienne, pas un modèle à photocopier.

La vraie question n’est pas « dois-je démissionner ? »

En revanche, un principe concerne tous ceux qui veulent suivre Jésus. Pour eux, tout quitter pour suivre Jésus commence par une question : es-tu prêt à tout quitter ?

Es-tu prêt à renoncer à certaines de tes aspirations, à certains de tes rêves, à tes privilèges, à tes certitudes ? Même aux choses auxquelles tu tiens de façon légitime ?

Tu vois la différence ? Jésus ne demande pas à chacun de quitter son poste. Il demande à chacun de ne rien garder qui passerait avant Lui. Le geste extérieur varie, la disposition du cœur est la même pour tous.

Le jeune homme riche : ce n’est pas l’argent le problème

Un autre récit fait souvent peur. Un jeune homme vient trouver Jésus. Il a respecté les commandements depuis toujours. Il demande ce qui lui manque encore.

Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens. (Matthieu 19:21-22)

Autre personne, autre contexte, mais même type de demande. Tout laisser. En tout cas, tout ce qui pourrait entraver la marche avec Jésus et prendre Sa place dans le cœur.

Nous ne sommes pas tous pris au piège par les mêmes choses. Pour ce jeune homme, c’était sa fortune. Pour toi, peut-être ta carrière.

Tu travailles dur, tu impressionnes ton entourage. Mais pas Jésus, qui aimerait te voir consacrer une part de ta vie à Son œuvre. Ou alors tu travailles pour impressionner tes parents, ou prendre une revanche sur la vie. Qu’est-ce qui te fait vraiment courir ?

L’amour de l’argent, pas l’argent lui-même

Je veux être clair : le problème, ce n’est ni l’argent ni l’ambition professionnelle. Le problème est ailleurs.

Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux. (1 Timothée 6:10)

C’est l’amour de l’argent qui piège : l’amour de la sécurité, de la réussite, du sentiment d’être quelqu’un. Voilà ce qui nous empêche de suivre Jésus par la foi.

Et Jésus, Lui, propose de nous libérer du poids de toutes ces attentes irréalistes qui nous épuisent. L’aventure avec Lui commence toujours par un sacrifice : celui de ce qui nous donne de l’assurance en nous-mêmes, pour apprendre à nous confier en Dieu.

Luc 14:26 : « haïr son père », explication

Venons-en au verset qui choque le plus. Le voici, tel qu’il est traduit dans la version Louis Segond :

Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. (Luc 14:26)

Lu à froid, c’est violent. Jésus demanderait-il de détester sa famille ? Non.

Dans la façon de parler de l’époque, opposer « aimer » et « haïr » servait à exprimer une préférence radicale. Cela veut dire : aimer moins, placer en second. D’ailleurs, l’Évangile de Matthieu rapporte la même parole avec d’autres mots, et ils éclairent tout :

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. (Matthieu 10:37)

C’est pour cela que certaines traductions récentes rendent Luc 14:26 par « sans me préférer à son père, sa mère… ». Jésus ne dit pas d’arrêter d’aimer sa famille. Il dit de ne pas la préférer à Lui. Il place la barre très haut, oui. Mais Il ne te demande pas de devenir un homme ou une femme sans cœur.

Pierre, marié, et sa belle-mère

Un détail de l’Évangile me fait du bien. Pierre, celui qui a « tout laissé », était marié. Et quand sa belle-mère est tombée malade, il a fait venir Jésus chez lui.

Jésus se rendit ensuite à la maison de Pierre, dont il vit la belle-mère couchée et ayant la fièvre. Il toucha sa main, et la fièvre la quitta ; puis elle se leva, et le servit. (Matthieu 8:14-15)

Son foyer était prêt à accueillir Jésus parce que Pierre n’avait pas oublié qu’il avait une famille. Suivre Jésus n’est pas incompatible avec le fait d’être marié, d’avoir des enfants et d’en prendre soin.

Deux erreurs à éviter, et j’en ai commis une

Certains ont tellement peur de ce texte qu’ils le déforment en le mettant en pratique. Je le sais, parce que je suis tombé dans le piège.

Au début de mon ministère, je me suis donné tellement à fond que j’ai délaissé ma famille. Mon épouse, mes enfants. J’aurais pu les perdre. C’est ma femme qui m’a aidé à le voir. Ça a été un moment douloureux, mais j’ai compris quelque chose de fondamental : suivre Jésus ne voulait pas dire perdre, sacrifier ou oublier ceux qu’Il m’avait confiés.

Mon rôle était plutôt de les inclure. De leur partager la beauté de suivre Jésus, de Le servir, de Lui faire confiance.

L’excès inverse : se mettre en pause

L’erreur opposée existe aussi, et elle est plus discrète. Sous prétexte de prendre soin de sa famille, on disparaît de l’église. On se met en pause dans tout. On attend que les enfants soient grands pour enfin entrer dans son appel.

La famille devient alors une excuse inavouée. Comme si Jésus n’était pas au courant qu’on a des enfants.

Les années passent vite, les habitudes s’enracinent, et nos enfants risquent de n’apprendre qu’une chose : consommer l’église. Or nous sommes leurs premiers modèles. Voir papa et maman servir Dieu avec joie, c’est une leçon qu’aucune école du dimanche ne remplacera.

Porter sa croix et calculer la dépense

Dans ce même passage de Luc 14, Jésus ajoute deux choses.

Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer ? (Luc 14:27-28)

Porter sa croix, c’est prendre ses responsabilités

« Porter sa croix » ne veut pas dire chercher la souffrance. Jésus avertit simplement que Le suivre a un prix : renoncer à la facilité pour obéir à la Parole de Dieu.

Concrètement, il faudra être honnête plutôt que mentir, choisir le pardon plutôt que l’amertume, persévérer même quand ce que tu fais n’est ni compris ni payé.

Porter sa croix, c’est accepter de prendre ses responsabilités. Arrêter de les déléguer aux autres. Retrousser ses manches et servir ceux qui sont autour de moi. Et je le fais parce que Jésus m’estime capable de le faire. Quelle grâce ! S’Il m’y invite, je crois qu’Il m’en donnera la force.

Calculer la dépense n’est pas manquer de foi

Calculer la dépense, ce n’est pas un manque de foi. C’est de la sagesse.

Il y a deux attitudes opposées. Certains ne calculent rien, se jettent à l’eau, et pleurent quand ils coulent. D’autres calculent sans cesse et ne se lancent jamais tant que tout n’est pas sous contrôle. Ils apprennent à nager sur la moquette, mais ne descendent jamais dans l’eau.

Jésus nous demande de regarder le prix en face. Puis d’avancer.

Quand j’ai vraiment dû tout quitter

Je ne veux pas te parler de tout cela de façon théorique. Il y a eu des moments où, pour moi, suivre Jésus a vraiment voulu dire lâcher une sécurité.

En 2020, cela faisait quinze ans que j’étais pasteur à temps plein, salarié d’une église. Un vrai privilège, car toutes les églises ne peuvent pas salarier leurs pasteurs. En février de cette année-là, après un temps de jeûne et de prière, Dieu m’a poussé à faire un pas de plus : me mettre au service de toutes les églises qui voudraient me solliciter, notamment pour le ministère auprès des hommes.

Pour ça, je devais accepter de vivre par la foi : mon église ne pouvait pas salarier un pasteur absent. J’admirais ceux qui vivaient ainsi, mais je n’aurais jamais pensé le faire un jour.

J’avais besoin d’une promesse. Je l’ai reçue dans la prière :

Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. (Hébreux 10:23)

Six ans plus tard, je peux le dire : Il est fidèle. Nous n’avons manqué de rien. Il a mis dans le cœur de plusieurs personnes le désir de soutenir ce qu’Il m’a demandé de faire.

J’ai été souvent pris par le doute et la peur au moment de tout quitter. Le bilan ? Ça en valait la peine. Et je recommencerais sans hésiter. J’en parle plus longuement dans mon livre Suis-moi, mais retiens ceci : ce que Jésus te demande, Il a les moyens de te permettre de l’accomplir.

Ce qu’il faut vraiment laisser derrière soi

Il y a enfin des choses plus subtiles que nous sommes tous appelés à quitter.

Je pense à ce qu’on appelle gentiment le « péché mignon ». Le péché n’est jamais mignon. Ce n’est pas une peluche inoffensive avec laquelle on peut jouer sans conséquence. La jalousie, la calomnie, la convoitise se logent dans nos cœurs, et parfois nos bouches s’en font l’écho. Les excès aussi : la nourriture, le matérialisme, l’alcool. Et nous les tolérons.

Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. (1 Pierre 5:8)

Suivre Jésus appelle à la sobriété dans tous les domaines : nos choix, nos paroles, notre façon de consommer, notre gestion de l’argent et du temps. Qu’est-ce que ce mot signifie pour toi, concrètement ?

Tout quitter pour suivre Jésus : ce que tu y gagnes

Alors, faut-il tout quitter pour suivre Jésus ? Pas forcément ton travail. Pas ta famille, que tu es appelé à aimer et à servir. Mais tout ce qui voudrait prendre Sa place, oui.

L’exigence est réelle, je ne vais pas te mentir. Mais elle vient de quelqu’un qui t’aime, qui s’est donné pour toi et qui ne te demande jamais rien sans te donner de quoi le vivre.

Je t’encourage à prendre quelques minutes, maintenant. Demande-Lui simplement : « Seigneur, qu’est-ce qui, dans ma vie, passe avant Toi ? » Puis écoute. Et fais le premier pas qu’Il te montrera. Pas plus. Un pas, puis un autre.

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Questions fréquentes

Jésus demande-t-il de vendre tous ses biens ?

Jésus l’a demandé au jeune homme riche, parce que sa fortune occupait la première place dans son cœur. Ce n’est pas une règle imposée à tous les chrétiens. La Bible ne condamne pas l’argent, mais l’amour de l’argent (1 Timothée 6:10). La vraie question est de savoir si tes biens te possèdent. Jésus veut être le premier dans ta vie, et Il peut te demander de lâcher ce qui l’empêche.

Peut-on être chrétien et garder son travail ?

Oui, bien sûr. La grande majorité des chrétiens suivent Jésus en gardant leur métier. Travailler est même un commandement biblique. Les premiers disciples ont quitté leurs filets parce que Jésus les appelait à une mission précise, pas parce que le travail serait incompatible avec la foi. Ton lieu de travail peut devenir l’endroit où tu vis et témoignes de ce que tu crois.

Que veut dire « renoncer à tout ce qu’on possède » en Luc 14:33 ?

Renoncer ne veut pas forcément dire se débarrasser de tout. Cela veut dire ne plus considérer ses biens, ses projets ou sa sécurité comme intouchables. Le disciple remet tout entre les mains de Jésus et accepte qu’Il en dispose. C’est une question de propriété du cœur : ce que tu possèdes est confié par Dieu, et tu restes prêt à le lâcher s’Il te le demande.

Comment savoir si Dieu m’appelle à quitter mon emploi ?

Ne prends pas une telle décision sur un coup de tête. Prie, lis la Bible, parles-en avec ton conjoint si tu es marié, et avec ton pasteur. Jésus invite à calculer la dépense : c’est de la sagesse, pas un manque de foi. Un appel de Dieu s’accompagne souvent d’une promesse dans Sa Parole et de portes qui s’ouvrent. Si le doute persiste, reste fidèle là où tu es.

Suivre Jésus, est-ce délaisser sa famille ?

Non. Jésus demande de ne pas préférer sa famille à Lui, pas de cesser de l’aimer. L’apôtre Pierre, qui a tout laissé pour suivre Jésus, était marié et a fait venir Jésus chez lui pour guérir sa belle-mère. Négliger les siens au nom du service de Dieu est une erreur. Mais se mettre en pause dans sa foi à cause d’eux en est une autre.

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